• Bilan

    Vue d'ensemble (cliquer pour agrandir)

    Bilan

     

    Le matériel :

     

    La tente est facile à monter et à replier, elle ne prend ni ne retient l'eau. Je n'ai pas eu de conditions extrêmes mais de la pluie pratiquement toutes les nuits, et même de sacrées draches à Pléhérel-Plage ! Je n'ai eu aucun souci à déplorer.

    Le confort est celui d'une tente légère et peu encombrante : minimaliste ! Je ne tiens pas assise sans toucher la moustiquaire. Toutefois, j'ai une largeur suffisante pour y rentrer mes sacs.

    La moustiquaire est bien transparente, ce qui permet d'admirer le paysage en s'endormant…

     

    Le duvet est un excellent investissement également. Donné pour 5 degrés en température de confort, je les ai frôlés sans avoir froid. Un peu frais par moments mais il me suffisait de me mettre en position fœtale pour récupérer de la chaleur.

    Je précise quand même qu'il était couplé à un drap de sac, j'imagine que ça apporte un peu de chaleur en plus.

    Seul bémol : quand on serre les liens de la capuche, l'élastique fait un peu mal à la peau du visage. Il faut, soit serrer moins mais laisser passer de l'air, soit le replier vers l'extérieur pour placer une couche de duvet entre l'élastique et la peau. Bref, c'est un peu contraignant.

     

    Je suis contente du matelas aussi. Très confortable, isolant, hyper léger et peu encombrant, livré avec un kit de réparation, gonflé en 20 expirations ou 18 pour plus de souplesse, ma carcasse a apprécié !

     

    Pour le reste, ma liste a été bien travaillée : j'ai tout utilisé et je n'ai manqué de rien. Un couteau n'aurait pas été superflu, la prochaine fois j'en emmènerai un mais j'ai su m'en passer.

     

    Détails pratiques :

     

    • La toilette :

     

    J'évitais de me brosser les dents dans la nature, pour économiser l'eau et surtout pour ne pas recracher du dentifrice là où il n'a rien à faire. Des toilettes publiques faisaient très bien l'affaire.

    Pour une toilette sommaire, les lingettes de poche sont pas mal mais pas vraiment adaptées à la toilette intime. Ça dépanne mais faut pas en abuser.

    Pour la douche, c'était parfois en camping, parfois aux douches de plage. Parfois pas du tout. Au fil des jours, elle perd de son importance…

    J'ai beaucoup pissé dehors. Hors de question de laisser du papier à terre, bien entendu ! Donc je ne m'essuyais pas, une goutte au fond du slip vaut mieux qu'un papier dans la nature.

    Pour la grosse commission c'est autre chose, je me suis toujours arrangée pour cacher le papier sous une pierre, ou dans un buisson. Je sais que certains vont crier Oulalààààà mais faut faire un trou, et puis le reboucher, et ramener son papier… Nan mais faut pas abuser non plus hein, je me balade pas avec une pelle et puis le papier sera dégradé en quelques jours, je l'ai pris le plus fin possible. Je ne suis pas écolo jusqu'au fond de l'âme.

     

    • La lessive :

     

    J'ai essayé de faire mes lessives régulièrement, notamment slip et chaussettes, aux douches de plage ou en camping. Le savon d'Alep est très bien pour ça, j'ai découvert un excellent détachant !

    Par contre le séchage pose problème. Deux solutions : faire sécher les affaires le soir au bivouac, ou les accrocher sur le sac avec des épingles à nourrice, elles sèchent ainsi sur la route.

    Pour les petites affaires ou la serviette, le sac est bien adapté. Mais pour le teeshirt et le cuissard, il vaut mieux faire sécher le soir.

    Sauf que, dans un cas comme dans l'autre, s'il pleut ça ne marche pas ! Et comme en Bretagne il pleut souvent… Bref, je n'ai pas fait autant de lessives qu'il aurait fallu. J'y ai survécu, mais mes voisins de trains se souviennent peut-être encore de moi.

     

    • L'alimentation :

     

    Ce qui m'a le plus manqué c'est les petits déjeuners. Je suis parfaitement capable de commencer la journée sans rien dans le ventre mais ça manque au moral. J'avais des barres de céréales mais bof.

    Je ne pouvais pas transporter grand-chose donc j'avais sur moi uniquement de quoi grignoter, et des potages / semoule pour deux jours, ça ne prend pas de place et c'est efficace. Un potage bien chaud est également bien réconfortant dans les moments difficiles.

    Pour le reste, j'achetais et je consommais immédiatement au fil des villes et villages traversés.

     

    Le petit matériel de cuisine que j'ai emporté m'a donné entière satisfaction, ni trop ni trop peu.

    J'ai eu un peu de mal à maitriser mon réchaud car il faut absolument respecter la phase de préchauffage de l'alcool, chose que je ne faisais pas au début. Il me fallait 30 minutes pour une tasse de café tiède ! Mais une fois que j'ai compris le truc, ça a été super bien.

    Le support a servi de support donc, mais aussi de plateau, ou même d'urinoir la nuit sous pluie battante, bref il est bon à tout faire.

    La casserole était aussi mon assiette, le gobelet, c'était mon gobelet à liquide, la spork fait les trois couverts en un, et tout ça s'emboite pour tenir dans un format livre de poche.

     

    • Les topoguides :

     

    Moins précis que les cartes IGN, mais plus détaillés, j'en avais deux car mon parcours était à cheval sur deux différents.

    Ils se sont avérés bien utiles pour anticiper le parcours, viser les points de ravitaillement, me repérer par rapport aux villes et donner mes coordonnées exactes pour informer mes proches.

    Malgré leur poids et encombrement relatifs, je ne regrette pas de les avoir pris.

     

    Le parcours :

     

    Bien balisé dans l'ensemble, le Sentier des Douaniers offre des paysages variés tels que les falaises escarpées et rocheuses, les forêts verdoyantes, les champs, les baies, les plages, les villes. Un concentré des paysages français, avec la mer en permanence.

    Par contre, et c'est ce que je regrette dans ce voyage, on n'est jamais vraiment coupé de la civilisation. Les passages les plus sauvages ne durent pas longtemps et on traverse une à deux villes par jour. Aux moments les plus époustouflants succèdent invariablement les tracas de la ville et du bitume.

    Les endroits à bivouac sont par conséquent assez difficiles à trouver car on est toujours proche d'un endroit passant, d'où l'importance d'anticiper un minimum avec les topoguides. En contrepartie, il y a énormément de campings !

    Autre détail à savoir : ne comptez pas sur les Bretons pour vous indiquer une route ou un renseignement, presque tous les gens que j'ai croisés n'étaient pas du coin… Que des touristes ! C'est un peu frustrant de manquer les gens du cru, d'autant que les quelques-uns que j'ai pu aborder ont été extras.

    Pour résumer, c'est un bien beau parcours mais qui manque un peu d'authenticité.

     

    Bilan personnel :

     

    J'ai terminé mon périple plus vite que prévu. Je me suis laissé deux semaines, 10 jours ont été suffisants.

    J'ai parcouru entre 20 et 30 km par jour et j'ai fini chaque soir sur les rotules, les jambes en compote. Heureusement une bonne nuit de repos permettait de repartir du bon pied malgré quelques matins difficiles…

    Le camping sauvage a été un peu stressant car le secteur est fort prisé et beaucoup d'endroits sont plutôt fréquentés, il n'a pas toujours été évident de trouver un endroit tranquille, à l'abri du vent, et adapté au plantage des sardines tout en n'étant pas interdit. J'ai eu de la chance de ne me faire virer qu'une fois. Cela dit, j'ai adoré dormir de la sorte.

    La rencontre de Richard m'a beaucoup apporté : sa longue expérience de randonneur en montagne a calmé mes ardeurs, j'ai appris à prendre le temps de me poser, de manger chaud, de faire sécher la tente, pour voyager dans les meilleures conditions possibles.

    Il m'a aussi fait découvrir le fenouil sauvage à mâchouiller pour garder l'haleine fraiche, et la salicorne, cette petite herbe grasse et salée remplie d'éléments nutritifs.

    C'est un bon compagnon de route : il ne s'est pas imposé, a su garder les distances nécessaires, tout en partageant généreusement ses repas et en étant présent (par pur hasard !) dans les moments où le moral baissait un peu.

    Je ne parle pas de moments de galère parce que franchement, je n'ai pas vraiment galéré. Certains moments ont été un peu plus tendus que d'autres, notamment quand les réserves d'eau baissent ou qu'on ne trouve pas de coin bivouac, mais on n'est jamais loin de la civilisation et il n’y a aucun risque de mourir de soif ou de froid.

    Pourquoi j'ai pleuré dans le train ?

    Un mélange de fatigue, de tristesse et de contrariété. J'étais tellement bien pendant ces 10 jours, à marcher, à faire fonctionner chacun de mes 5 sens en permanence, et à ne penser à rien de matériel, que le retour à la réalité me semblait insurmontable.

     

    Les meilleurs moments du voyage :

    - La marée montante à la pointe de la Pépinais

    - L'orage au port Saint-Géran

    - La rencontre avec Richard au corps de garde

    - Louis et son château de sable au camping Bonabry

    - L'avant dernier bivouac à Port Goret

    - La gentillesse des gens qui ont donné de l'eau ou de quoi manger

     

    Les pires moments su voyage :

    - Le bivouac où je me suis fait virer, à Caroual

    - La pluie glaciale le lendemain (juste avant la rencontre avec Richard)

    - La recherche du camping fantôme le dernier soir

    - Le départ

     

    Étape 0 : de Saint-Malo au Nick

    Étape 1 : du Nick à la pointe de la Pépinais

    Étape 2 : de la Pépinais à la pointe Saint-Efficace

    Étape 3 : de Saint-Efficace à Pléhérel-Plage (camping)

    Étape 4 : de Pléhérel-Plage à Caroual

    Étape 5 : de Caroual à Bonabry (camping)

    Étape 6 : de Bonabry à la pointe du Roselier

    Étape 7 : du Roselier à Port-Goret

    Étape 8 et fin : de Port-Goret au moulin du Craca (Plouezec) puis à Paimpol

    Fin