• Courir par tous les temps

    Quelques réflexions et conseils si vous désirez courir pieds nus par tous les temps. Restez raisonnable, tout de même : il vaut parfois mieux investir dans une paire de chaussures minimalistes plutôt que de risquer la blessure !

    Théorie : les conditions climatiques extrêmes

    Courir pieds nus lorsque les conditions climatiques sont idéales est relativement aisé. Cependant, vous serez confronté un jour ou l'autre à un climat loin d'être favorable à la course pieds nus. Cela dit, la plupart du temps ce n'est pas un problème pour les barefooteurs, voici donc les principaux obstacles climatiques auxquels vous risquez d'être exposé un jour ou l'autre.

    Les surfaces chaudes

    Courir par temps chaud est déjà difficile en soi pour tous les coureurs. À cela s'ajoute pour les barefooteurs le problème de courir sur des surfaces brulantes. Cette difficulté  peut également être rencontrée sur les tapis de course car le revêtement chauffe avec les frottements. C'est en général sur l'asphalte qu'il est le plus difficile de courir lors des journées chaudes et ensoleillées. Personnellement je préfère éviter le problème en courant tôt le matin ou plus tard dans la soirée. Si toutefois vous devez courir sur du bitume brulant, vous pouvez vous en accommoder jusqu'à un certain point.

    Commencez par courir sur des distances très courtes, puis augmentez progressivement la distance, sur plusieurs jours ou plusieurs semaines. ATTENTION : NE TENTEZ PAS CELA SI LE BITUME EST CHAUD AU POINT DE VOUS BRULER ! J'habite sous un climat relativement tempéré, mais ceux qui vivent sous des latitudes très chaudes devraient soit éviter l'asphalte brulant en courant le matin, le soir ou la nuit, soit porter des chaussures minimalistes. Si vous pouvez faire cuire un œuf sur le trottoir, c'est trop chaud. Vous pouvez aussi utiliser cette astuce : si vous vous êtes fait surprendre et que vous devez courir sur l'asphalte brulant sans pouvoir le supporter, essayez de courir sur les lignes blanches. Elles sont bien moins chaudes que le bitume noir. Faites attention à la circulation !

    Les surfaces froides

    Courir par temps froid représente un défi diamétralement opposé. Lorsque les températures descendent au dessous de zéro, il est possible de s'acclimater progressivement au froid. Cependant, le froid peut réduire la sensibilité des pieds, avec pour conséquence moins de retour d'information du sol au cerveau. Si vous pensez que cela peut poser le risque d'une blessure, je vous conseille de porter des chaussures minimalistes.

    Dès le début de ma carrière de barefooteur, je portais des chaussures de natation avec des chaussettes en laine chaude. Désormais je préfère les Vibram KSO® avec une paire d'Injinji® à orteils. Dans les deux cas, vous aurez des sensations proches de la course pieds nus. Pendant les mois d'hiver, je m'autorise également quelques entrainements pieds nus sur tapis de course pour conserver la sensation de la course pieds nus.

    Courir sur la glace ou la neige peut vous aider à perfectionner votre foulée car des conditions aussi glissantes nécessitent un geste presque parfait pour garder l'équilibre. Si vous avez tendance à avoir une foulée trop longue, à vous propulser, ou si vous avez n'importe quel autre défaut, il vous sera quasi impossible de courir sur des terrains glissants. Lorsque vous courez sur de telles surfaces, soyez extrêmement prudent : la chute n'est pas une simple possibilité, elle est plus que probable.

    Afin de conserver ma foulée pieds nus pendant l'hiver, je passe le plus de temps possible à courir pieds nus à l'intérieur.

    J'ai déjà essayé quelques entrainements pieds nus pendant l'hiver. Il est intéressant de noter que les premières impressions sont prometteuses. Alors que courir dans la neige est au premier abord très désagréable (le froid fait mal), mes pieds semblent s'être réchauffés jusqu'à être capables de ressentir suffisamment le sol pour être en mesure d'effectuer des trails plutôt techniques.

    Les sols mouillés

    La pluie n'est généralement pas un problème à moins d'y être exposé pendant longtemps. Au bout de quelques heures, la peau mouillée a tendance à macérer, ce qui augmente considérablement le risque de développer des ampoules. Il est recommandé de porter des chaussures minimalistes pendant les longues sorties sous la pluie, ou alors vous pouvez toujours annuler l'effet mouillé en séchant vos pieds de manière régulière. Cela peut poser problème pendant les compétitions, mais c'est une solution acceptable pour l'entrainement.

    Courir de nuit

    Le problème lorsqu'on court pieds nus la nuit est qu'on ne peut pas avoir une bonne visibilité du terrain. Il est presque impossible de repérer les obstacles potentiellement dangereux qui se présentent à vos pieds. De fait, vous ne pourrez pas être en mesure de les éviter. La solution consiste à utiliser un moyen d'éclairer votre chemin, comme une lampe frontale, une lampe à main, ou les deux.

    Pour les coureurs pieds nus, je conseille la  lampe à main plutôt que la frontale, car la source lumineuse de la frontale se trouve près des yeux, ce qui rend difficile l'anticipation des débris sur le chemin. Si vous tenez votre lampe à la main près de la taille, les ombres s'allongent et les obstacles sont beaucoup plus visibles.

    Si vous préférez gardez vos mains libres, vous pouvez faire comme ces ultra-runneurs qui attachent leur frontale à la taille ou à la poitrine. Cela évitera le problème des ombres trop petites.

    Si vous courez sur des routes qui sont relativement propres, chaque solution est recevable. Sur des trails techniques, optez pour une combinaison des deux solutions en même temps. Plus vous éclairerez votre sentier, plus vous serez en mesure d'éviter les problèmes. Pensez toujours à porter une tenue claire et réfléchissante et à éviter les routes avec beaucoup de circulation.

     

    Courir en hiver, de Barefoot Rick Roeber

    Tout cela est devenu le moyen de tester ma volonté et mon corps. Ma course pieds nus a commencé en automne, et il fait froid rapidement ici dans le Midwest. Toutefois, j'étais très déterminé. Bien que les températures tombent au dessous de zéro pendant de nombreux jours d'entrainement, les retours que mon corps me renvoyait me disaient que je courrais de la bonne manière. Je me sentais récompensé après chaque course, chose qui ne m'arrivait jamais avant. Ni les ampoules, ni les orteils froids, ni la peau sèche et craquelée de mes pieds ne m'ont empêché de courir pieds nus. Dès que j'étais guéri, j'y retournais, parfois sur la glace ou dans la neige.

    Je suis convaincu qu'il est possible de courir pieds nus pendant de nombreuses années, sans se préoccuper du temps qu'il fait. Je ne pense pas que je serai un jour incroyablement rapide en courant pieds nus, mais ce n'est pas ce que je recherche. Courir longtemps, c'est tout ce à quoi j'aspire. Un jour, j'aimerais savoir que j'ai fait partie de ces quelques personnes qui n'ont pas arrêté de courir pieds nus et qui ont établi des records de plus longue distance parcourue pieds nus, du plus grand nombre de marathons, de 5K, et de tout ce qu'il est possible de mesurer dans ce sport d'endurance qu'est le barefoot running. La clé de la réussite est de ne pas abandonner  et de persévérer : sortir tous les jours pour courir mes distances. Je ne cherche pas à être la coqueluche du moment grâce à mes courses pieds nus, mais je crois que si je m'y tiens, la distance effectuée, mes marathons, mes courses d'endurance dans la neige et sous des climats difficiles vont parler d'eux-mêmes et être suffisamment évocateurs.

    Barefoot Rick Roeber

    http://barefootrunner.org

    ©2010 Rick Roeber. Tous droits reserves.

    Cet essai est publié avec l'autorisation de Barefoot Rick Roeber. Vous pouvez trouver le texte original ici :

    http://barefootrunner.org/reflections/05reflections.htm

     

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  • Commentaires

    1
    Capsulle Profil de Capsulle
    Mercredi 2 Janvier 2013 à 22:47

    Merci à Petit Pied qui apporte les précisions suivantes :

    "Gros soucis effectivement par temps froid : le rendu et le temps de réaction sont effectivement amoindris et il m'arrive de trouver des "micro-bleus" en plusieurs endroits du pied... : je suspecte des petits cailloux que j'évite d'écraser aussi fortement en temps normal. Il semblerait que le froid endort certaines sensations...

    Par temps froid, le vent et l'eau ne font vraiment pas bon ménage... pas de solution à part l'habitude et patienter les 5 à 15 premières minutes, après ça va (ou on oublie   ) ! 

    Mon temps d'adaptation diminue au fur et à mesure des sorties froides (quand elles se suivent) : au cours de ma toute première sortie, j'ai dû patienter 1/2h mais dès la suivante 1/4h a suffi donc l'adaptation est assez rapide (pour mon cas...   )."

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