• Entente cordiale

    Lundi 27 aout 2012

    Dernière semaine avant ma toute première compétition : les 10 km de la braderie de Lille. Je décide ce soir de partir m'entrainer avec le club d'athlétisme de Lille, qui propose gracieusement un stage de préparation à la course qui aura lieu le 1er septembre.

    Mon objectif est plus que modeste : je serai contente si je franchis la ligne d'arrivée sans marcher. Le seuil psychologique des 10 km n'est pas encore atteint (du moins pas en chaussures minimalistes), j'ai hâte de le retrouver dans les meilleures conditions possible, ce qui marquerait le début de la fin de ma période de transition.

    Le coach annonce tout de suite la couleur : pour la dernière semaine, c'est la détente. Tout ce qui n'a pas été fait auparavant n'est plus à faire, donc aujourd'hui footing lent d'environ une heure. C'est le moment de voir ce que j'ai dans les pattes, je n'ai pas couru une heure depuis de longs, longs mois ponctués de blessures et difficultés en tout genre.

    Nous prenons le départ tout doucement, je déclenche mon chrono. D'emblée je sens les tiraillements habituels dans mon pied gauche, les muscles entre le premier et le deuxième métatarsiens. La cheville droite se fait entendre, elle aussi, petit blocage articulaire il me semble. Rien de nouveau, le but étant de supporter ces inconforts sans trop morfler pendant la séance.

    Entente cordiale

    Le rythme est très (trop?) lent. La machine suit sans aucune difficulté, j'apprends ainsi à courir doucement, ce que j'ai du mal à faire en solo. Ma foulée s'adapte au rythme du groupe bien que mes chaussures très dynamiques ne demandent qu'à accélérer. Je cause un peu avec deux ou trois gens mais très vite je me concentre sur mes sensations, et j'essaie de me mettre en tête une phrase que mon kiné m'a citée : la douleur est ce qu'on en fait. Alors aujourd'hui, je décide d'en faire une compagne de course. Facile, l'intensité est plutôt modérée et ne gâche pas trop mon plaisir.

    Le premier quart d'heure est le plus difficile. Je regarde ma montre, il reste encore tout ce temps ! Je ne vais jamais tenir ! Et pourtant il le faut, alors je remballe mon chrono et essaie de m'imaginer le jour de la compétition. Arriver au bout sans trop de dégâts physiques. Oublier le temps. Je sonde intérieurement les points douloureux, ils sont bien là mais restent sagement à leur place. Je peux alors m'en détacher et laisser mes pensées divaguer.

    J'observe les coureurs qui se trouvent devant moi, leur attitude, leurs chaussures, leur foulée. Toutes les chaussures sont amorties. Un seul coureur semble ne pas trop talonner. En même temps, à ce rythme là, c'est difficile de garder une cadence rapide, je m'y efforce quand même et m'applique à bien lever les pieds, à travailler la douceur de la réception.

    Certains exposants de la braderie ont déjà installé leur campement, nous passons devant et humons avec délice leurs brochettes qui grillent sur les barbecues.

    Parfois les coureurs en tête ne peuvent s'empêcher d'accélérer un peu, pour mon plus grand bonheur, mais ils sont vite rappelés à l'ordre par le coach. Je prends réellement conscience que courir doucement est un exercice à part entière, et je ne peux m'empêcher de penser à ma prochaine séance, que je ferai seule, à MON rythme.

    J'entends quelques discussions par-ci par-là. J'ai du mal à y prendre part mais j'écoute : des souvenirs de service militaire, des précisions sur l'entrainement des uns et des autres, des mots d'auto-encouragement... Je me sens assez loin de tout cela, j'ai beau être dans un groupe d'une vingtaine de personnes, je me retrouve seule avec moi-même.

    Entente cordiale

    C'est déjà la fin, nouveau sondage intérieur. Les points douloureux n'ont pas bougé, ils sont toujours là et seulement là, ne se laissent pas oublier. J'en prends note, j'ai couru 1h05 avec eux, je n'ai pas empiété sur leur territoire, ils ont respecté le mien. C'est ce qu'on peut appeler une entente cordiale.

    Nous avons parcouru quelque chose comme 9 km. Je suis désormais certaine d'être capable d'aller jusqu'au bout de la course.

    Je vais me laisser deux jours sans courir histoire de laisser à la mécanique le temps de se remettre d'aplomb. Demain mardi j'effectuerai mon petit tour à vélo, mercredi repos sportif et jeudi, ce sera mon dernier entrainement de la semaine, je courrai sur 10 km pour estimer mon chrono, peut-être même que je tenterai quelques lignes droites sur le retour (un semblant de fartleck).

    Vendredi, repos ou vélo. Et samedi le grand saut dans la cour des grands… à suivre !

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  • Commentaires

    1
    Mardi 28 Août 2012 à 16:20

    Comme tu le dis, "l'entente cordiale", autrement dit l'acceptation des sensations négatives qui n'empêchent finalement pas d'atteindre un objectif positif... Tu as gagné !!!.... Et c'est bien là le principal !... A côté de quelques petites foulées tristement mémorables,... histoire ancienne !!...  Bon courage et à très bientôt maintenant !!....

    2
    Capsulle Profil de Capsulle
    Mardi 28 Août 2012 à 16:50

    À bientôt Daniel, merci pour ton message !

    3
    Mercredi 29 Août 2012 à 09:48

    Hello toi !
    C'est un bel objectif !
    Je te souhaite de vraiment prendre ton pied samedi pendant la course ! C'est le plus important.
    Si je peux te donner quelques conseils: Repos et repos avant samedi. Juste une petite sortie très cool aujourd’hui (mercredi) ou sinon jeudi mais pas plus de 45 min max et quelques lignes droite mais c'est tout !! Tes douleurs oublis les, occupe l'esprit sur autre chose et évite de regarder le chrono trop souvent. De toute façon il y aura certainement des panneaux annonçant les kilomètres. Vas y cool au début et au 6-7ème km accélère à la sensation...
    Je me souviens de mon premier 10km, il y a 7ans, comme si c’était hier ! Du régal !

    Bonne course amuse toi bien et vivement ton récit
    Will

    4
    Capsulle Profil de Capsulle
    Mercredi 29 Août 2012 à 11:38

    J'ai effectivement modifié mon "plan" en fonction des conseils qui m'ont été donnés : sortie cool aujourd'hui, deux jours de repos avant samedi. Merci à toi et aux coureurs qui se donnent la peine de m'aider !

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