• Étape 5 : de Caroual à Bonabry (camping)

    GR 34 : Le Sentier des Douaniers

     

    Réveil gris, il a plu toute la nuit mais par chance le ciel me laisse un peu de répit pour replier la tente. Pas de café, j'avance pour retrouver le GR au plus vite.

    Je ne reste pas longtemps au sec, il fallait bien que ça finisse par arriver !

     

    Étape 5 : de Caroual à Bonabry (camping)

     

    Je passe la veste de pluie sur mon teeshirt, erreur de débutante que je ne reproduirai plus… Lorsque j'arrive à Pléneuf-Val-André je suis frigorifiée et grelottante et je retiens la leçon : TOUJOURS enfiler la polaire sous la veste de pluie !

    J'essaie vainement de me réchauffer en brasserie avec un chocolat chaud mais rien à faire, je vais devoir continuer dans cet état. Prenant soin cette fois-ci de mettre ma polaire, je profite d'une courte accalmie pour reprendre la route. La marche et le dénivelé me réchauffent plus que le chocolat mais la pluie et le vent se remettent à me fouetter. Par chance, j'arrive à temps à la Grande Guette où un magnifique corps de garde fraichement rénové m'offre l'hospitalité.

    Il fait sombre mais l'air est doux à l'intérieur, au sec et à l'abri du vent. Je m'installe et je fais chauffer de l'eau pour me préparer un grand café. Je me croirais presque chez moi !

     

    Étape 5 : de Caroual à Bonabry (camping)

    Étape 5 : de Caroual à Bonabry (camping)

     

    La pluie se calme peu à peu, je reprends ma route bien réchauffée et ravigotée. Je parcours à peine une centaine de mètres lorsque j'entends un fort accent du sud provenant d'un petit espace sur ma gauche :

    "Alors, vous vous êtes arrêtée avant moi finalement !"

    Le gars du cap Fréhel – il s'appelle Richard – a passé la nuit ici, sa tente n'est pas encore démontée. Il attend qu'elle sèche avec inquiétude car le ciel est encore capricieux.

    Je lui indique alors le corps de garde un peu plus bas et je lui suggère de faire sécher sa tente là-bas car il risque de pleuvoir encore. Je l'aide à bouger son bazar car pendant qu'on papote la pluie menace de plus en plus, et puis pendant que j'y suis je fais sécher ma tente moi aussi.

    Jusqu'à maintenant je la repliais humide, voire carrément mouillée mais lui, du haut de son expérience de randonneur et montagnard averti, me le déconseille fortement. Ça les rendrait moins étanches, à la longue. Quelque chose me dit que je ferais bien d'écouter les paroles du Sage.

    Et nous voilà à profiter d'un rayon de soleil pour secouer nos tentes au vent, je fais aussi sécher baskets et chaussettes, on papote, on partage le casse-croute et la soupe.

    Une fille qui nous observait depuis quelques minutes s'adresse alors à moi, me demande ce que je fais, elle m'a vue passer hier mais n'a pas osé m'aborder car je marchais trop vite.

    Elle s'appelle Eva, vient de Pologne, parle le français mieux que moi, et elle aime voyager aussi. Elle est en vacances chez des amis et elle a fait connaissance avec Richard la veille au soir.

     

    Étape 5 : de Caroual à Bonabry (camping)

     

    On décide de faire un bout de chemin à trois, le soleil est revenu et le sentier est splendide. On arrive rapidement au port de Dahouet, on papote, Eva continue un peu puis elle fait demi-tour car elle est attendue.

     

    Étape 5 : de Caroual à Bonabry (camping)

     

    Richard en profite pour me laisser avancer seule. Avec son gros sac, il ne veut pas me ralentir. Je lui en suis très reconnaissante, je sais maintenant qu'il ne s'imposera pas à moi. Et qui sait, peut-être qu'on se croisera encore sur la route ?

     

    Étape 5 : de Caroual à Bonabry (camping)

     

    Le temps semble rester au beau fixe. Je me trompe de chemin à Jospinet, je perds la mer et me retrouve dans des champs devant quelques habitations. Demi-tour, et on recommence ! Par contre, mes réserves en eau commencent à diminuer, il va falloir trouver un ravitaillement avant la fin de journée ou économiser et se limiter au minimum vital.

    Plongée dans mon monde, j'avance et je savoure une nouvelle fois mon bonheur.

    Tiens, cette silhouette devant moi… Ne serait-ce pas Richard ? Eh oui, il m'a devancée pendant que je me trompais de chemin ! Lui aussi est limite en réserve d'eau. On réfléchit ensemble à une solution possible, on croit apercevoir un camping de l'autre côté de la baie mais d'après mon plan, le détour pour y accéder est long ! Ni l'un ni l'autre n'avons encore assez de jambes pour le rejoindre avant la nuit.

    Sur la plage on croise un gars qui remballe son kytesurf. On lui demande où on pourrait avoir de l'eau. "Euh… dans ma voiture ! Pas de point d'eau ici." Il nous laisse gracieusement sa bouteille. Son pote le rejoint, et nous donne la sienne aussi. Quelle fiesta ! On est heureux comme tout avec nos deux grandes bouteilles, une inquiétude de moins pour la soirée !

    Reste maintenant à bivouaquer. Richard veut rejoindre le camping en coupant par la baie, moi j'ai peur des sables mouvants et de la marée montante. Je demande alors à un autre kytesurfeur si c'est possible de traverser la baie. Il nous indique que la marée remonte dans deux heures mais ce n'est pas un oui bien franc. J'insiste en demandant si c'est dangereux de le faire. Il nous dit qu'on peut.

    Bon, c'est parti, je prends le risque de faire confiance à ce gars et à Richard, j'enlève mes godasses et on se lance dans la traversée de l'Anse de Morieux.

     

    Étape 5 : de Caroual à Bonabry (camping)

     

    C'est mou, gluant, glissant, mouillé, on en a parfois jusqu'aux mollets, on a les pieds noirs de pétrole mais petit à petit on y arrive. Je suis quand même soulagée de sentir à nouveau la terre ferme sous mes pieds.

    Un jeune homme nous observe depuis la plage. On lui demande où se trouve le camping. Il s'appelle Louis et il vient tous les ans passer ses vacances ici, il nous prévient : c'est un camping un peu sauvage…

    On s'en fout, on veut juste une bonne douche et un endroit pour poser les tentes.

    Douche froide, campement monté, Louis nous emmène sur la plage visiter son château alors que le soir tombe doucement.

     

    Étape 5 : de Caroual à Bonabry (camping)

     

    Je finis encore la journée sur les rotules…

     

    Vue d'ensemble (cliquer pour agrandir)

    Étape 5 : de Caroual à Bonabry (camping)

    Étape 0 : de Saint-Malo au Nick

    Étape 1 : du Nick à la pointe de la Pépinais

    Étape 2 : de la Pépinais à la pointe Saint-Efficace

    Étape 3 : de Saint-Efficace à Pléhérel-Plage (camping)

    Étape 4 : de Pléhérel-Plage à Caroual

    suite :

    Étape 6 : de Bonabry à la pointe du Roselier

    Étape 7 : du Roselier à Port-Goret

    Étape 8 et fin : de Port-Goret au moulin du Craca (Plouezec) puis à Paimpol

    Bilan