• GR 145 : un test grandeur nature

    GR 145 : un test grandeur nature

     

    Après les préparatifs matériels que j'ai évoqués dans cet article, l'étape préliminaire au voyage a été de tester ce matériel en condition et de choisir une alimentation adéquate pour tenir en autonomie 2 jours sans être trop chargée.

    Ça tombe bien, le GR 145 passe par la commune de mon enfance et suit un itinéraire dont je pense connaitre les grandes lignes. J'évoluerai en terrain plus ou moins connu à proximité de gens qui pourraient rapidement voler à mon secours en cas de problème.

     

    GR 145 : un test grandeur nature

    GR 145 : un test grandeur nature

     

    Je profite donc d'un retour dans la famille pour tester sur 2 jours, le temps d'un aller / retour d'environ 50 km :

    - ma capacité à porter et à utiliser mon matériel,

    - mon endurance et mon autonomie sur ce type de parcours,

    - la lecture de balises sur les sentiers de grande randonnée.

     

    Après avoir soigneusement élaboré la liste décrite dans l'article précédent, côté alimentation je me tourne vers de la semoule salée, quelques barres de céréales, des minis saucissons, un mélange de graines (cajous, noix, amandes, noisettes…), des dosettes de café et une salade en barquette.

     

    GR 145 : un test grandeur nature

     

    Le sac me semble lourd la première demi-heure, mais au fil des kilomètres il se fait oublier. Le chemin est agréable au début, je passe par la colline boisée puis je traverse les coteaux de Baroville. Un passage champêtre et me voilà au cœur de la forêt que j'attendais avec impatience en ce jour de chaleur écrasante.

     

    GR 145 : un test grandeur nature

     

    GR 145 : un test grandeur nature

     

     Quelle déception lorsque j'ai réalisé que la traversée de la forêt se ferait sur cette large route toute droite, toute blanche, sans l'ombre d'un arbre et ce, pendant 6 interminables kilomètres ! J'essaie quand même d'attraper quelques beautés, je grignote mes saucissons cacahuètes et j'avance.

     

    GR 145 : un test grandeur nature

     

    Arrivée à Clairvaux, un bon rafraichissement s'impose avec remplissage des bouteilles au café du coin. S'ensuit un petit cafouillage sur les balises, mais comme je connais le coin je sais où passer et me rends vite compte de mon erreur.

     

    GR 145 : un test grandeur nature

     

    La dernière partie est agréable et ressemble plus aux forêts comme je les aime. Toutefois, le sac et les guibolles commencent à peser et je suis pressée d'arriver à destination.

     

    GR 145 : un test grandeur nature

     

    Tout a une fin, même les moments les plus difficiles. Lorsque j'arrive à Cirfontaines c'est la fête du 14 juillet avec buvette et animation de village. Je bois une bière et me renseigne sur un coin de baignade pour me rafraichir, que je trouve sans problème. Je profite d'un moment de solitude pour enfiler le maillot de bain et hop ! La rivière n'est pas très profonde mais j'en fais mon affaire, heureuse comme une gamine parce qu'il y a très longtemps que je n'ai pas pataugé en sauvage dans une rivière.

     

    GR 145 : un test grandeur nature

    GR 145 : un test grandeur nature

     

    Quelques jeunes en mob arrivent pendant que je me sèche, ils me demandent si l'eau est bonne. Ils préparent un barbecue au bord de l'eau. Aaaa l'ambiance ado des petits bleds de campagne ne s'est point perdue, ça fait plaisir à voir ! Ici, le temps s'est arrêté…

    Il faut maintenant remonter et préparer le bivouac. J'ai repéré en descendant au village un petit coin de verger en bordure de forêt qui me semble très agréable. Je remplis à nouveau mes bouteilles à la buvette et je remonte dans les champs pour planter la tente.

     

    GR 145 : un test grandeur nature

     

    La recherche de l'emplacement idéal demande un peu de patience. Le sol doit être relativement plat et propice au plantage des sardines, sans parler des racines, cailloux et ronces à éviter sous peine de percer la tente ou le matelas.

    Après 30 minutes de prospection j'opte pour un bout de terrain à côté du verger, sans culture, avec de l'herbe un peu haute. Je pose la couverture de survie pour disposer les affaires dessus, et je me lance dans mon premier montage de tente en parfaite autonomie.

    Le sol est très caillouteux et je peine à enfoncer les sardines, je les tords toutes et je finis par abandonner l'idée de les planter correctement. Pas de vent, peu de risques de destruction, mais j'en prends note pour mes prochaines aventures : il faudra absolument trouver des terrains plus meubles et/ou à l'abri du vent si je veux rester sous ma tente qui n'est pas autoportante (ce qui veut dire : sardines obligatoires).

     

    GR 145 : un test grandeur nature

     

    Je mange ma salade en barquette – dégueulasse, je n'en reprendrai pas – j'écris deux ou trois gribouillis dans mon carnet, je range un peu mon bordel, la température fraichit et je me couche.

    Malgré la petite taille de ma tente, je peux y ranger le sac et la sacoche. Par contre, c'est le gainage assuré pour se déshabiller et rentrer dans le duvet en restant allongé ! Me voilà enfin bien installée, je peux désormais écouter les bruits du crépuscule et de la forêt.

    Et quels bruits ! Aboiements de chevreuils, cris de renards, pattes autour de la tente… Je savais à quoi m'attendre, je suis du cru. Mais l'excitation aidant, j'ai eu du mal à fermer les yeux et j'ai dormi en pointillé.

    Au petit matin, un visiteur intrépide est entré en contact avec la toile. Je pense que c'était un renard alléché par l'odeur de ma barquette de salade, en tout cas il a détalé lorsque j'ai prononcé le mot magique : "Dégage !". Tant mieux, il vaut mieux pour leur survie que ces petites bêtes aient peur de l'Homme et ne s'en approchent guère.

    Café, barres de céréales et levage du camp, j'en ai eu pour 2 heures. Il faut dire qu'un sac organisé au poil demande un certain doigté pour être bouclé dans les règles. Mon côté bordélique apprécie…

    J'ai déjà mal aux jambes en partant. Il me reste un demi-litre d'eau pour atteindre Clairvaux, à 11 km de là. L'étape se passe sans problème, je traverse la forêt bien à l'ombre mais en atteignant le village c'est plus dur : le petit kilomètre de bitume en plein soleil me rappelle que mes bouteilles sont vides. Premier café fermé, je me ravitaille alors dans les toilettes d'un centre aéré. J'ai bien fait : le café suivant est fermé aussi. Pas de pause rafraichissante pour aujourd'hui, j'enchaine donc sur le chemin détestable aux heures les plus chaudes de la journée. Je me dis qu'un litre et demi de flotte suffira pour boucler les 15 kilomètres restants mais en fait j'ai bien soif, j'économise l'eau et le retour est pénible. J'arrive en compote à Baroville, je trempe mes pieds douloureux dans la fontaine mais je ne croise pas un gus à qui mendier de l'eau, pas une âme dans le village.

    Tant pis, la dernière partie se fera à l'ombre. Mais avant cela, quelques coteaux ensoleillés à monter m'achèveront. La suite est un peu floue, desséchée. Quand j'arrive chez moi j'ai mal partout.

     

    GR 145 : un test grandeur nature

     

    Les douleurs que j'ai eues les jours suivants m'ont franchement fait douter de ma capacité à encaisser 250 bornes sur 10 jours. Je me suis rassurée en prenant en compte la chaleur et la déshydratation qui ont rendu cette expédition plutôt difficile sur la fin, ainsi que l'obligation de finir l'étape coute que coute. Je serai plus libre lors de mon voyage en Bretagne et je pourrai adapter la distance à mon état de forme…

     

    Bilan matériel :

     

    - Tente et matelas très bien, campement facile à monter et à lever.

    - Duvet bien chaud et confortable, je n'ai même pas eu besoin de le fermer en entier.

    - Réchaud correct pour chauffer l'eau, mais il ne faut pas en attendre plus.

    - Couverture de survie bien utile pour poser le matériel au sec, notamment le matin lorsqu'il y a de la rosée. J'hésitais à la prendre ou pas, mon choix est fait.

    - Sac à dos et sacoche ventrale : excellent choix ! Très pratique la sacoche pour grignoter en marchant, ou pour attraper le PQ. Pas besoin d'ôter le sac pour faire ses besoins.

    Quant à l'eau portée aux épaules, je ne pourrais plus m'en passer. Grande liberté de mouvements.

    En contrepartie, c'est un peu plus contraignant à harnacher qu'un sac de randonnée plus classique. Et ça tient chaud au ventre.

    - Saucisson cacahuètes c'est très bien et ça coupe la faim !

     

    Les points à améliorer :

     

    - Le PQ fin et compact sur la sueur, ça laisse des bouts et ça irrite très (très) fort, et pourtant je n'ai pas le cul d'une princesse ! Prévoir des lingettes douces et humides pour finir le travail.

    - Organisation à revoir pour ne pas se laisser dépasser par le bordel.

    - Salades en boite à éviter, je prendrai des potages en sachet.

    - Éviter les terrains en pente et les hautes herbes.

    - Faire attention à l'eau. C'est LE point crucial qui m'a posé problème en fin de parcours.

    - Ménager des pauses !

     

    Je suis plutôt contente de mon matos, un peu moins de moi-même. J'ai été bien prétentieuse en imaginant que je pouvais couvrir 40 bornes par jour… le grand départ aura lieu dans une semaine, juste de quoi me remettre de mes violentes courbatures.

    « GR 34 : préparationGR 34 : Le Sentier des Douaniers »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :