• J'ai testé : suivre un meneur d'allure

    Est-il besoin de le dire, je suis partie comme à l'ordinaire : sans entrainement et sans objectif. Cette course, je n'en avais même pas entendu parler trois jours auparavant mais la personne qui m'a proposé de la courir a été recrutée au dernier moment en tant que meneur d'allure à 50 minutes. Alors je me suis dit, pourquoi ne me testerais-je pas sur le second 10 km de ma vie ?

    En y regardant de plus près, les Boucles de Noyelles sous Lens ont de quoi impressionner. Parrainées par Dominique Chauvelier (plusieurs fois champion de France sur des marathons bouclés en moins de 2h15), avec label départemental, on y croise toutes sortes de pointures et je suis convaincue de me faire larguer dès le départ.  Faut croire que ça me plait…

    Bref, me voilà par hasard plongée dans le monde très carré des meneurs d'allure. C'est plutôt rare d'en croiser sur un 10 km, et ceux d'aujourd'hui méritent bien quelques lignes de présentation.

    Un meneur d'allure est une personne qui s'engage à parcourir la distance d'une course en un temps donné. On le repère grâce à un signe distinctif (drapeau, ballon…) sur lequel est inscrit le temps prévu pour la course. Son rôle est de permettre aux coureurs d'avoir un guide et de s'accrocher au chrono qu'ils se sont fixé. Le meneur peut aussi motiver, donner des conseils ou faire anticiper les difficultés du parcours.

     

    J'ai testé : suivre un meneur d'allure

     

    Les organisateurs paient généralement assez cher pour leurs meneurs, c'est devenu un business à part entière. Pour cette raison, on ne peut pas en avoir à chaque fois, surtout pas sur les courses à petit budget… Mais aujourd'hui c'est Fabien Debaucheron qui mène la cadence : il propose son équipe de meneurs en échange non pas d'une rémunération, mais d'un don en faveur de l'association Athina, qu'il soutient de cette manière. Ainsi, le service rendu profite directement à la recherche sur l'ichtyose.

    Voilà donc la fine équipe des meneurs d'allure : 40, 45, 50, 55 et 60 minutes.

     

    J'ai testé : suivre un meneur d'allure

     

    Je me prends au jeu et je m'amuse à me fixer un objectif, juste pour voir. Lors de mon premier 10 km un an auparavant, j'ai fini à 59 et quelques. Est-ce que j'ai progressé, ne serait-ce qu'un petit peu, malgré mon absence d'entrainement axé sur la vitesse ? Est-ce que je peux passer sous les 55 ? Pour le savoir, je repère Thierry 55, et comme une sangsue je décide de m'y accrocher coute que coute.

    J'étais partie pour les courir pieds nus, ces 10 bornes : je pensais que le parcours, constitué de deux boucles, se déroulait uniquement sur bitume. Heureusement que je me suis renseignée avant le départ ! Un des organisateurs m'indique qu'il y a pas mal de chemins et de petits cailloux. À regrets je chausse alors mes gants de pieds, puis j'attends le départ à proximité immédiate de Thierry et de son drapeau bleu.

    Ça commence fort, malgré mon échauffement ! Le drapeau file vite devant moi et je suis déjà presque à fond en même pas 200 mètres… Hors de question de me laisser distancer, je mets un bon coup de collier et je rattrape Thierry, puis je me colle littéralement à lui. L'allure se stabilise, je me maintiens à ses côtés mais je ne sais pas combien de temps je vais tenir.

    En attendant je profite du parcours : je suis très surprise par le profil de cette épreuve, qui ressemble plus à une course nature qu'à un 10 km sur route. L'alternance de faux plats et les chemins en bordure de l'eau font retomber la pression propre aux compétitions sur bitume, et je suis contente d'être là.

    Sauf que je ne suis pas à la hauteur. La première boucle se termine dans le dur, très dur, et bien malgré moi je vois le drapeau s'éloigner… Pas le choix, j'ai besoin d'une pause, j'ai besoin de trouver mon propre rythme. Je m'arrête quelques longues secondes au ravito, et je prends le temps de boire un verre d'eau pour retrouver un peu de souffle. Puis je repars tranquillement pour la seconde boucle.

    Tranquillement, oui… Petit à petit je récupère, je peux alors me permettre d'accélérer un peu. OK, je ne passerai pas sous les 55, et alors ? Je vais tenter de ne pas trop m'en éloigner ! J'atteins progressivement mon allure de croisière, celle que je peux tenir un certain temps sans vomir mes tripes. Je commence à dépasser quelques coureurs et là, comme c'est moi qui gère, je me sens mieux. Certains s'étonnent de mes chaussures, c'est une motivation supplémentaire pour ne plus faiblir : on n'a pas le droit à l'erreur lorsqu'on sort des sentiers battus.

    Je passe une troisième fois sous l'arche de départ, l'arrivée ne va pas tarder. Un coureur me dépasse, je le laisse faire mais finalement j'ai envie de tout lâcher pour le sprint final. Je reviens à sa hauteur, je l'encourage, il m'encourage, il peut me cramer comme il veut mais il décide de me laisser devant lui. Sa galanterie n'est pas passée inaperçue, Dominique Chauvelier commente dans son micro… C'est l'arrivée. On me donne une magnifique rose, quelle belle surprise ! Je ravale mon envie de vomir, comme d'habitude je suis dans le coltar, j'en oublie de remercier mon galant, et je me laisse envahir par les sensations d'après course.

     

    J'ai testé : suivre un meneur d'allure

     

    Sans être une adepte des 10 km (ça passe trop vite !), j'ai apprécié cette course parce que pour la première fois j'ai essayé de tenir un objectif en suivant un meneur d'allure. J'en ai appris un peu plus sur leur boulot, sur les exigences de leurs suiveurs – pas toujours faciles à assumer, et sur les actions qu'il est possible de mener en faveur d'une cause sans forcer l'appel aux dons. Merci à nos meneurs qui ont honoré leur engagement avec brio et en toute simplicité ! Rappelons également qu'ils font du mieux qu'ils peuvent et que s'il est facile de critiquer, rien ne vous oblige à les suivre…

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  • Commentaires

    1
    Mardi 8 Octobre 2013 à 17:24

    J'ai bien ri, Merci, Bisous.

    2
    philippe Itrail
    Mardi 8 Octobre 2013 à 19:10

    Merci pour ce récit fort sympathique !

    3
    Lehut philippe
    Mercredi 9 Octobre 2013 à 19:24

    Bonsoir, j'ai bien ri à ta lecture....Car le galant , c'est moi, enfin, je crois, car au moment de l'arrivée, j'ai laissé passé devant moi, une fille avec un bandeau dans les cheveux, et Dominique Chauvelier, l'a signalée.....En tout cas, je tenais à te remercier, car je me suis "accrochée" à toi, pour finir dans un temps assez correct pour moi....mdr !!!!!


    A l'année prochaine, alors, mais pas sûr que je te laisse finir devant...mdr !!!!!

    4
    Mercredi 9 Octobre 2013 à 21:44

    J'ai vraiment aimé lire ton CR, brovo pour la performance. Bonne continuation :-)

    5
    Jeudi 10 Octobre 2013 à 12:47

    Aaaa quelle surprise de te retrouver là Philippe, tu t'es perdu ? En tout cas merci, et t'inquiètes pas pour l'année prochaine, tu as une belle marge de progression

    6
    Lehut philippe
    Jeudi 10 Octobre 2013 à 21:39

    mdr !!!!! Surpris aussi de mettre retrouver, là..J'ai vu l'article sur Facebook, j'ai mon ami Claude Lherbier, qui est président du Running club Noyellois qui avait partager ton lien, sur sa page Facebook et en lisant celà, je me suis reconnu......Il y a un juste un petit truc que j'ai pas très bien compris, au classement , je suis pas juste derrière toi, je vais porter plainte, contre les organisateurs !!!! mdr !!!!! Bon , à l'année prochaine, on vise le 50 minutes ????? mdr !!!!!!....

    7
    Vendredi 11 Octobre 2013 à 08:09

    J'ai repéré ce problème de classement aussi... Tu es juste devant. Peu importe, du moment qu'on s'amuse ! Alors 50 l'année prochaine, ça roule ;)

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