• La randonnée des terrils

    La course des terrils est l'évènement à ne pas manquer pour tout runner nordiste qui se respecte. Au moins une fois. C'est donc avec une certaine excitation que je me suis inscrite à la course "Authentique", 14 km avec trois terrils à monter. La description que dd2012 m'en a faite m'a convaincue : "Le premier terril, tu le grimpes à quatre pattes, le second, en marchant ça passe, et le troisième c'est avec une corde". De l'amusement en perspective, donc.

    La randonnée des terrils

     

    Sauf que ce dimanche, je ne pouvais pas courir, la faute à une petite merdouille au niveau du tendon en bas du péroné, ou quelque chose du genre. Repos et prudence obligent, je n'ai pas souhaité courir ce jour-là et j'ai à regret échangé mon dossard de 14 km contre celui de la rando, 10 km avec deux terrils à grimper. C'est toujours ça, je me suis dit qu'après tout, je pouvais toujours courir un peu pendant la rando si l'envie me prenait.

    Le départ était donné à titre indicatif pour 9h, mais l'activité étant non compétitive, on pouvait partir avant. Je n'ai pas attendu et j'ai suivi les premières balises jaunes vers 8h30, bien décidée à faire la balade la plus sportive possible tout en savourant le paysage, que je ne connais pas encore.

     

    La randonnée des terrils

     

    On a d'abord passé l'étang qui se trouve près du château. On ne se mélange pas, ici :

     

    La randonnée des terrils

    À gauche du chemin, la grâce des cygnes...


    La randonnée des terrils

    À droite, la bonne humeur des canards.

     

    Je marche d'un bon pas, il fait frisquet malgré le soleil qui pointe ses premiers rayons. Je me félicite d'avoir superposé les couches : t-shirt, coupe-vent léger, veste à peu près polaire, blouson chaud. Même avec tout ça, la première demi-heure de marche ne parvient pas à me réchauffer complètement.

    Après l'étang, on passe une partie boisée puis on longe un cimetière et on arrive dans la forêt par un petit chemin pavé. Alors qu'une flèche indique le chemin de droite, je croise une randonneuse qui vient de cette direction et qui s'interroge : elle est déjà passée là et revient sur ses pas. L'explication, je l'aurai plus tard : c'est simplement une petite boucle à faire afin de franchir le premier terril.

    Le voilà ce terril. Décevant. Une toute petite butte gravie en deux temps trois pas. Ce doit être un des plus anciens terrils car rien ou presque ne laisse penser que ce monceau de terre n'est pas naturel. La végétation y a repris ses droits comme si elle avait toujours été là.

    La randonnée des terrils

    Malgré la facilité avec laquelle je suis arrivée au sommet, j'ai vu des personnes qui se trouvaient en difficulté lors de l'ascension. J'ai même entendu en passant : "Y'en a pour qui c'est plus facile que d'autres !" Merci du compliment, effectivement je n'ai vraiment eu aucun problème, j'étais même très déçue en arrivant en haut : c'est tout ?

    La randonnée des terrils

    La redescente fut tout aussi aisée, rigolote mais vraiment vraiment trop courte. C'est donc avec un réel sentiment de frustration que j'ai poursuivi la balade.

    Cela dit, cette petite montée m'a filé un coup de chaud, c'est le moment d'enlever la première couche de tissu. Je repars d'autant plus fringante, j'ai atteint ma température de confort : mon pas s'accélère et devient plus sportif, je dépasse des gens et je commence à me sentir bien dans l'action.

    Suit alors un long moment de plat dans la forêt, mon élément naturel. Je savoure cette balade car il n'y en a pas autour de chez moi, et je commence à ressentir sérieusement, au fil des années, que cela me manque de plus en plus. Chaque retour aux sources devient alors une véritable petite fête pour mes neurones en mal de verdure.

    La randonnée des terrils

       La randonnée des terrils

    Je laisse mes pensées vagabonder, au point de presque manquer les balises jaunes indiquant les changements de direction.

     

    Ici, la rosée s'évapore sous les rayons du soleil…

    La randonnée des terrils

     

    Là, c'est une branche qui joue avec les reflets des arbres...

    La randonnée des terrils

     

    Il y a d'autres randonneurs que moi, bien sûr, mais la plupart du temps, je parviens à être suffisamment loin de ceux qui me précèdent pour ne pas les voir, et suffisamment rapide pour ne pas me laisser rattraper par ceux qui me suivent. Mis à part un moment, heureusement de courte durée, pendant lequel une bande de veaux s'est mise à polluer le fond sonore en hurlant "un km à pieds, ça useu ça useu…" jusqu'au cinquième km de la chanson, j'ai passé la plus grande partie de la balade dans le calme.

    Et puis du fond des bois, un brouhaha a commencé à se faire entendre… de plus en plus fort… Je commence à reconnaitre quelques notes de ci de là… Un groupe local joue des reprises de rock pour les coureurs qui sont sur le point de franchir un terril. J'arrive sur la scène, et là je suis vraiment dégoutée de ne pas être de la partie, il m'en faudrait peu pour me mêler au peloton des coureurs…

    La randonnée des terrils

     

    Il n'y a plus d'indications, je cherche les balises jaunes mais je ne trouve rien. D'autres randonneurs sont perdus, comme moi, nous finissons donc par prendre une direction au hasard. Au bout d'un ou deux kilomètres, on se rend compte qu'on arrive… à l'arrivée. On a dû se planter quelque part ! Demi-tour vers le groupe de rock, au moins on sait quel chemin ne pas prendre.

    Effectivement, on a loupé une balise ! Il fallait prendre à gauche avant d'arriver sur les musiciens, nous voilà donc partis pour l'ascension du deuxième terril.

    La randonnée des terrils

    Celui-ci est plus haut et plus minéral que le premier, je sautille, j'ai envie de courir et je ne me gêne pas. Puis la montée se fait de plus en plus raide, j'adore ! Ici encore, les balises ne sont pas très visibles, j'erre un peu entre les arbres. D'une manière ou d'une autre, il faut arriver en haut alors autant faire durer le plaisir.

    La randonnée des terrils

     

    La randonnée des terrils

    Et me voilà à lorgner encore les coureurs, dire que je devrais être avec eux ! Je ne tiens plus, tant pis. Je profite d'un trou pour me faufiler dans le peloton, l'espace d'un instant, je me fonds dans la course. Malheureusement au bout de quelques centaines de mètres, je suis interpelée par des bénévoles : "Les marcheurs, c'est par là !" OK, je suis grillée. Résignée, je reprends la direction de la randonnée.

    La randonnée des terrils

    C'est la fin. Un dernier ravitaillement, vous n'avez pas de bière ? Non non, on nous l'a déjà demandé ! Un brin de causette et je repars. La petite distance que j'ai courue ne m'a pas fait trop mal, je décide de continuer en trottinant. Mon sac à dos saute, je dois le tenir. J'en ai vite plein les bras. Je marche à nouveau, c'est l'arrivée. Pas de ligne, pas de foule qui attend, pas de musique pour m'accueillir… être randonneur c'est quand même pas aussi prestigieux qu'être coureur ! J'ai un petit coup de blues, je ne devrais pas être là.

    Maintenant, je dois retrouver David, je ne l'ai encore jamais rencontré mais je me suis incrustée dans sa bande d'amis pour le couscous. Il est sur le 14 km, probablement pas encore arrivé. Je me cale près des barrières et je l'attends, en me demandant comment ça va se passer.

    Puis je le vois arriver, je m'avance vers lui, il me reconnait, me présente sa femme, sa fille, ses copains, il est très content de son temps, je suis ravie pour lui. Bravo !

     

    Et maintenant, c'est parti pour le couscous !

    La randonnée des terrils

     

    J'ai fini cette journée dans la bonne humeur, je suis très contente d'avoir rencontré de nouvelles personnes avec qui j'ai pu discuter de choses et d'autres. De quoi faire passer plus facilement la déception de ne pas avoir couru comme je l'aurais dû.

     

    L'Authentique, le teaser : merci dd2012

    Le récit de la journée : merci bis dd2012

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  • Commentaires

    1
    Mardi 2 Octobre 2012 à 22:17
    dd2012

    Joli récit de ta randonnée, on sent la frustration de ne pas avoir couru. Mais c'était la plus raisonnable des décisions.
    Ce fut un plaisir pour nous aussi de te rencontrer et d'échanger, on se revoit sur le trail de Lille ?
    Et cette fois tu pourras courir. Je prendrais les bières pour la récup d'après course ;-)

    2
    Mardi 2 Octobre 2012 à 22:48

    Mais tu as fait une belle randonnée, une reconnaissance en quelque sorte pour l'année prochaine ! Allez soigne-toi bien et bonne continuation Capsulle !

    3
    Capsulle Profil de Capsulle
    Mardi 2 Octobre 2012 à 23:28

    Bien sûr je serai là pour le trail de Lille (et les bières ). Et pour sûr, je prendrai ma revanche l'année prochaine. Merci à vous !

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