• La Transbaie 2013

    Avant

    Je me suis inscrite un peu au dernier moment, tout juste avant la clôture des inscriptions. Et j'ai réussi de justesse également à trouver un logement pour la nuit, en chambre d'hôte : les campings affichaient presque tous complet, et ceux qui ne l'étaient pas proposaient des tarifs exorbitants. À prix équivalent, j'ai pu  bénéficier d'une vraie chambre avec salle de bain et petit déjeuner.

    Le trajet jusqu'à Saint Valéry s'est déroulé sans problème mais il fallait s'y attendre, toutes les places de stationnement sont payantes même à l'autre bout du village. Je joue le jeu sans trop ronchonner puis je me mets à la recherche des dossards, au niveau du port de plaisance. T-shirt sur le dos, dossard  dans le sac j'arpente ensuite le centre-ville à la recherche d'un petit quelque chose à me mettre sous la dent puis je me balade un peu dans le coin. C'est bruyant par ici, il y a beaucoup de monde entre les coureurs, leurs accompagnants et les touristes de passage, en plus des habitants réguliers. Je m'éloigne un peu de toute cette effervescence pour manger mon sandwich au calme. J'entends seulement les rumeurs lointaines…

    La Transbaie 2013

    Après cette petite promenade bien agréable, il est temps de m'installer dans ma chambre, qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de là. Repas décevant dans une brasserie du coin, puis dodo. Je me couche en me disant que zut, il y a un feu d'artifice à Saint Valery à 23h, j'ai encore le temps d'y aller… mais non. Je suis bien sous la couette, tant pis. J'aurais dû y penser avant.

    La Transbaie 2013

     

    Petit déj bien copieux, j'en mets tant que je peux dans mon ventre car je ne compte pas manger avant la course dont le départ sera donné à 14h. Je suis attablée avec un concurrent accompagné de sa femme et de sa fille, c'est sa première Transbaie à lui aussi. On papote un peu, il me laisse l'impression d'être bien mieux entrainé que moi (mais j'aurai la surprise de le voir arriver un bon quart d'heure après moi), puis il part en mentionnant les bouchons qui seraient déjà en train de se former. Je décide de ne pas trainer non plus.

    La Transbaie 2013

    Le parking aménagé spécialement pour l'occasion est géré de main de maitre par les agents qui alignent les voitures au centimètre près. Bien sûr, pour sortir ce sera un peu plus long mais je n'y pense pas, chaque chose en son temps… Euphorique, je rejoins le village allégée au maximum : pas de consigne donc je ne m'encombre pas, mais je vais le regretter par la suite !

    La Transbaie 2013

    Je passe la matinée à me promener, tantôt au marché qui se tient sur les bords de la Somme, tantôt dans les ruelles médiévales quelque peu préservées de l'agitation ambiante.

    La Transbaie 2013

     

    La Transbaie 2013

     

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    La Transbaie 2013

     

    La Transbaie 2013

     

    Le soleil brille, je sais que j'ai déjà pris un coup… mais dès qu'il se cache les températures tombent et le vent omnisoufflant rafraichit encore plus l'atmosphère, je commence à maudire les nuages, puis moi-même pour n'avoir pas pris mes précautions de grande frileuse. En tshirt et cuissard court, j'ai l'air malin ! J'ai laissé mes affaires dans ma chambre à 20 km de là, il n'est même pas possible d'aller chercher de quoi me chauffer dans ma voiture. Quelle idiote !

    Je prends sur moi, pas le choix. Hors de question que ça me gâche la balade, d'ailleurs parfois le soleil ressurgit et ça va mieux.

    La Transbaie 2013

    Olivier doit me rejoindre, je suis très contente qu'il fasse le déplacement car on a beau dire, une course de la sorte c'est plus marrant à deux que seule. En l'attendant vers midi, je ne résiste pas et ma décision de ne rien manger avant la course faiblit, puis disparait. Un petit sandwich sur le quai, et nous nous retrouvons au village.

    Blabli, blabla, on se place vers le départ, il y a déjà beaucoup de monde devant nous puis rapidement derrière nous aussi. L'ambiance est à la fête, les CroMagnons animent le sas en se faisant une bonne pub au passage, les riverains nous regardent et nous encouragent depuis leurs jardins, je tape la discute avec une connaissance qui m'a reconnue (grâce à mes chaussures), c'est magique.

    La Transbaie 2013

     

    Maintenant

    14h00, la locomotive du train à vapeur donne le départ dans un nuage de fumée grise…

    Bon, faut pas être pressé car avec tout ce monde on atteint la ligne de départ en marchant. Cela prend trois minutes, ensuite on trottine tout doucement en attendant que le peloton s'étire sur les quelques trois kilomètres de parcours dans le village, c'est idéal pour faire monter l'excitation et pour fluidifier l'entrée des coureurs dans la baie. Je me fais interpeler par une coureuse en VFF,  puis juste après je vois un semi-nudiste en perruque et VFF lui aussi, on est déjà trois ! Les plaisanteries vont bon train, on est loin, très loin du silence concentré de la braderie de Lille (ma première course d'envergure, et première course tout court), ici on ne se prend pas au sérieux.

    Nous traversons le pont de la Somme sous les conseils prévenants d'Olivier, qui m'avertit à maintes reprises de ne pas me prendre les pieds dans les rails… Nous passons un chemin caillouteux, ça pique à travers mes fines semelles…

     

    Et c'est partiiiiii !


    Merci pour cette vidéo !

     

    Comme une gamine je cavale dans la boue, je me ramasse dès la première descente, que c'est bon ! Le sol réserve bien des surprises, on passe de la vase au sable mou, puis dur, puis à de la boue et à de l'herbe, on s'enfonce ou on rebondit, on a parfois de l'eau jusqu'aux genoux, et toujours le vent en pleine face, on glisse, on saute, on s'élance ou on piétine, c'est génial. Je me sens pleinement vivre un grand moment, j'ai tous les sens en ébullition : le cadre idyllique, les odeurs de marée, les bruits de floutch et de flatch, l'eau et la boue qui coulent sur les jambes… j'en ai même mangé de cette baie lorsque mon bidon s'est retrouvé à terre tout souillé et que j'ai bu malgré tout. Crisse crisse sous les dents…

    Et que dire de tous ces gens qui ont fait le déplacement pour nous encourager !

    Mais cet amusement a un prix, et je l'ai payé cher dès les premiers kilomètres dans la baie : c'est fatiguant de s'éclater comme un gosse, et je me retrouve très vite essoufflée. Olivier est obligé de ralentir pour m'attendre, ce qu'il fera avec sa bonne humeur habituelle. Cela dit, sa présence me pousse à ne pas trop m'écouter, on est moins fainéant lorsqu'on est bien accompagné ! Lui saute par-dessus les trous en faisant des bonds magnifiques, moi je m'écrase au fond comme une vieille crotte, je n'ai pas confiance en mes capacités de saut en longueur et en plus je suis nulle pour évaluer les distances et l'espace. Mais j'avance, et le moindre prétexte à marcher un peu est très vite étouffé par le dynamisme de mon partenaire.

    Je vis un moment magique.

    Arrêt sur image : au milieu de la baie, un village de chaque côté, le vent, le soleil, l'eau, la boue, les odeurs, l'effort, l'amitié… toutes ces sensations me remplissent, me remplissent et débordent, je ne sais plus les gérer.

    Je me recentre alors sur la course, qui passe assez vite jusqu'au ravito. Vite vite je remplis mon bidon, on s'arrête à peine et on repart aussi sec, mais toujours bien mouillés.

    Là j'entre dans le dur, et rassurée par l'aller qui m'a permis de sonder le sol et de constater que c'est praticable pieds nus, j'enlève les pompes qui, dans de telles circonstances, sont de véritables boulets. Olivier fait de même. Il n'est pas barefooteur aguerri, du moins pas en course à pied, et pourtant il va me surprendre par son endurance, bravo ! Nous effectuons le retour de la sorte, les commentaires fusent sur nos pieds mais au moins, on n'est plus alourdis par une charge inutile.

    C'est moins technique qu'à l'aller, on n'en passe pas loin mais les difficultés sont réduites : moins de sauts, moins d'enlisement. C'est bien pensé parce qu'à ce stade, on est déjà bien cassé. J'ai trouvé qu'il était très judicieux de placer le plus drôle mais aussi le plus fatiguant en début de parcours, je l'aurais moins apprécié avec dix bornes de plus dans les pattes.

    Un passage "cailloux surprise party" sous la boue me fait remettre les pompes, comme je dérape j'ai peur de m'ouvrir les pieds. Olivier persiste pieds nus, et vingt mètres plus loin, il me signale que c'est fini. J'aurais pu tenir cette distance, zut ! Que de temps perdu, j'enlève à nouveau mes VFF car c'est vraiment ultra pénible de courir avec.

    La dernière montée, l'endroit le plus enlisé : malgré les conseils d'Olivier sur le placement des pieds et l'observation des autres concurrents, je m'étale de tout mon long dans la boue, j'ai bêtement perdu l'équilibre. Seule ma tête n'a pas perdu la face. Quel bonheur de tomber sans se faire mal !

    Et à nouveau le passage plein de cailloux que même avec les VFF ça fait mal. Et lui, il reste pieds nus. Chapeau bas, monsieur ! Je ne parle pas des commentaires, combien de "ouille, pieds nus ça doit faire mal" on a entendus au passage, et il serre les dents mais ne bronche pas.

    Dernière mise en garde pour "ne pas se prendre les pieds dans les rails", puis la ligne finale. Je n'en peux plus, il doit me trainer, je veux m'arrêter là maintenant. "Allez, celles là on peut les dépasser ! Allez, le papy on le crame ! Allez, on peut encore griller ceux-là !" C'est con et inutile mais ça m'a filé le dernier coup de boost final, le sprint de la mort, "Vas-y tu lâches tout !" oui on y est !

     

    Fini.

    Déjà fini.

    La Transbaie 2013         La Transbaie 2013

     

    Pense-bête pour la prochaine :

    - Prévoir quand même un sac à dos pour : une serviette, une veste, les chaussures à ranger, de la crème solaire. J'aime bien courir au minimum mais là, faut avouer que ça m'a manqué.

    - Côté organisation, éviter si possible le parking (j'ai mis trois heures à en sortir), ou alors passer la soirée sur place.

    - Réserver à l'avance un weekend de plusieurs jours, pour profiter du coin autrement qu'en courant. C'est magnifique.

    - Le plus dur : essayer de ne pas déprimer au retour.

    Le récit de mon lièvre

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 4 Juin 2013 à 19:39
    Runmyrunner
    Superbe compte rendu! Ça fait du bien de le lire on s'y retrouve! Tu as bien gérée. ce n'est pas une course facile. mais c'est une course marrante. Je suis très content et très fier de l'avoir faite avec toi! De très bons moments. note pour plus tard... éviter de demander toutes les deux secondes :"ça va?"
    A refaire next year !
    2
    Capsulle Profil de Capsulle
    Mardi 4 Juin 2013 à 20:42

    Ca va ? Tu le dis si on va trop vite hein !
    L'année prochaine sans aucun doute, et l'année suivante, et les autres aussi ! C'est une drogue cette course...

    À bientôt pour de nouvelles aventures

    3
    Samedi 8 Juin 2013 à 11:11
    Jo'Run

    Beau CR, bravo à vous deux! Olivier est un très bon partenaire ;) Vive les FB Runners 59 !!! ;)

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