• Le TCO

    Je l'attendais, celui-là. Je l'avais préparé, reconnu, anticipé, testé, essayé, apprécié lors de mes quelques sorties de repérage au cap Blanc-Nez.

    Entre temps : un trail de montagne, des sorties aux terrils, un déménagement précipité, le semi de Lille, un peu de pieds nus… et surtout un détachement moral, social et matériel vis-à-vis de ce qui pouvait constituer mon quotidien d'alors. Juste assez pour perdre le nord une quinzaine de jours…

    La date arrive naturellement sans que je ne m'en rende compte. Mes plans ayant changé à la dernière minute, je demande à Johan et Jérôme s'il est possible de partir avec eux : je n'avais pas trop envie d'ajouter le stress du volant en situation inconnue (les bouchons possibles et la fermeture de plusieurs sorties) à mon état quelque peu apathique du moment. Bien entendu ils ont accepté avec gentillesse, nous voilà donc partis pour l'aventure de la rentrée.

    Nous récupérons David en chemin, puis parvenons à nous garer pas très loin du village de la course. Je prends mon dossard assez rapidement, quelle chance ! Car cinq minutes plus tard c'est une longue file de coureurs qui attendent…

     

    Le TCO

    Le TCO

     

    On s'approche de la… ligne ??? de départ, c'est un peu flou tout ça. Les coureurs sont très dispersés et finalement l'organisation déplace les drapeaux devant le gros du peloton. La masse finit par se mouvoir, l'aventure commence…

    Avant même le départ, j'étais déjà extrêmement contrariée pour des raisons d'ordre physiologique et psychologique, et dès les dix premiers mètres je regrette d'être là, je veux arrêter tout de suite. Je n'aurais pas dû venir, ni prendre le départ. Le moral n'est pas là, l'envie non plus. C'est uniquement mon jusqu'au boutisme qui me fait avancer mais c'est l'enfer psychologique. Je n'envisage absolument pas de me taper 30 bornes dans ces conditions, je sais que je vais abandonner. Vite.

    Prise dans le peloton j'étouffe un peu, je profite alors d'une séparation de la foule en deux groupes : ceux de droite et ceux de gauche, pour courir seule au milieu avec les pieds dans l'eau. Fidèle à ma lenteur rituelle je me retrouve rapidement à l'arrière et je respire un peu mieux, mais je ne me sens toujours pas bien. L'abandon est proche, mais quelque chose me dérange dans cette idée : je n'ai pas envie de courir, mais je peux le faire.

    Alors je regarde la mer. C'est beau.

     

    Le TCO

     

    Une jambe en entrainant une autre, j'arrive au pied du cap, je contourne le bouchon et j'avance, encore, encore, et encore. La montée se fait au rythme de ceux qui me précèdent, pas d'autre choix que de suivre même si certains essaient – et parviennent – à doubler sur quelques mètres.

    Je me retrouve en haut sans trop m'en rendre compte, j'ai même oublié mon désir d'abandon. En fait, je vais plutôt bien.

    La suite se déroule de manière très classique, je marche dans les montées, je me lâche le reste du temps sans trop me faire mal, et lentement, j'avance. Une rondelle de saucisson après chaque gros effort, de l'eau, beaucoup d'eau et j'arrive au ravito des 20 km relativement fraiche.

    Après, ça se gâte un peu. L'ascension du mont Couple se fait tranquillement, c'est la dernière, mais dès qu'il faut courir en descente ou sur le plat je n'en peux plus. Je ne sais pas pourquoi, mais je déprime. Je cours par intervalles de quelques minutes, pas plus. Bon an mal an j'arrive aux alentours du 25ème, et  là je commence à voir des coureurs mal en point. L'effet est immédiat : mais de quel droit déprimé-je, alors que j'ai encore mes jambes et suffisamment de force pour continuer dignement ?

    Ça tombe bien, on arrive dans les dunes et je sais, pour avoir testé la fin du parcours pendant les vacances, que les derniers kilomètres se font dans le sable. D'abord mou et sec.

    Youpiii ! Basta les godasses, cette ultime difficulté me booste comme jamais et me voilà à courir pieds nus là où tout le monde sans exception marche avec le poids des 28 kms précédents sur le dos. Qu'ils semblent lourds à porter, ces 28 km !

    Je dépasse tous les coureurs sur cette portion, et les grains de sable qui me glissent entre les orteils libèrent des sensations trop longtemps endormies dans mes chaussures. Bon, je n'ai pas couru comme une flèche non plus, faut pas exagérer. Mais j'ai vaillamment trottiné jusqu'à la plage, puis j'ai rejoint la ligne d'arrivée sans m'arrêter.

     

    Le TCO

     

    Et voilà. Encore une de finie.

    J'ai eu un peu de mal à apprécier ce trail, parce qu'il était très chargé émotionnellement. Mais je l'ai fait et avec le recul, je réalise que c'est une course magnifique. Et maintenant, la seule question que je me pose est de savoir quelle distance que je choisirai l'année prochaine : 42 ou 62 ? Les paris sont ouverts…

     

    Jo'run

    Laurie

    David

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 14 Septembre 2013 à 20:42

    Bravo Capsulle !

    Mon côté mère prudence me fait pencher pour le 42 km l'année prochaine, et l'ultra en 2015 !

    Bonne continuation

    2
    Samedi 14 Septembre 2013 à 20:57

    Hihihi ! Mon côté "je veux tout, tout de suite" me fait plutôt pencher pour le 62... On verra !

    3
    Sandra S
    Samedi 14 Septembre 2013 à 21:02

    Hi! Hi! Hi!!! j'en étais sure!

    Top là pour les 62! lol!

    4
    Samedi 14 Septembre 2013 à 21:43

    Salut Capsulle, 

    Bravo pour ton courage et ton récit.
    Tu fais une finisher (cela s'accorde t-il au féminin..?) très méritante 

    5
    Samedi 14 Septembre 2013 à 21:54
    Jo'Run

    Quoi? un abandon dans les premiers kms ??? bah non ! Bravo pour ton courage ! Félicitation et à l'année prochaine peut-être sur le 42 pour moi aussi.. peut-être ;)

    6
    Samedi 14 Septembre 2013 à 23:10
    sydoky

    Je m'en doutais bien aussi !

    7
    Dimanche 15 Septembre 2013 à 09:17
    dd2012

    Bravo ! Bravo pour l'avoir fait et bravo pour ton courage. Ce n´est déjà pas facile quand la motivation et l'envie sont la, mais partir dans de telles conditions rajoute a la difficulté.

    Je suis en admiration devant une telle détermination ;-)

    8
    Dimanche 15 Septembre 2013 à 09:21
    NolwennFuyons

    Un CR dans la douleur! Décidément ce Trail n'a pas l'air des plus simples! Mais tu fais un très joli final, pieds nus sur la plage!

    9
    Dimanche 15 Septembre 2013 à 09:28

    Merci à tous !

    10
    Mardi 17 Septembre 2013 à 11:38
    Clém / Clem Running

    Bravo Hélène, j'ai adoré ton récit.. Tu es passé par des moments plus que compliqué ces derniers temps et je comprends ta "non-envie" car je l'ai vécu également.. Les choses vont et viennes, laisse toi porter et tout ira pour le mieux, je ne m'en fais pas pour toi ;)

    A bientôt ;) La Bise

    11
    William /
    Mercredi 18 Septembre 2013 à 15:32

    L'année prochaine ?, le 62 évidemment !

    12
    Mercredi 18 Septembre 2013 à 20:50

    Bravo à toi pour cette belle course, j'ai aimé lire ton CR.

    13
    Jeudi 19 Septembre 2013 à 13:05
    Marathman
    L'essentiel a été fait!
    Le mental et l'envie sont les clefs de voûte de la réussite!
    L'année prochaine tu seras je l'espère libérée d'un poids...et voleras par delà les dunes de sable ;-)
    Biz
    Fabien
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