• Le trail des Givrés

    Je n'ai pas participé à énormément de compétitions, mais chacune d'entre elle m'a laissé des souvenirs impérissables. Le trail des Givrés qui s'est déroulé à Lapugnoy (près de Béthune) ce dimanche 17 février 2013 n'a pas fait exception à la règle : une ambiance conviviale, un parcours succulent, des rencontres agréables et une patate à exploser mes records ont fait de cette journée une de celles que j'ai envie de revivre encore et encore.

    Le trail des Givrés

    Depuis quelque temps déjà, nous attendons cette course avec impatience. J'ai pu me faire une idée du parcours lors de la reco qui a été organisée quelques semaines auparavant, une très belle sortie sous la neige qui a bien accentué les difficultés du terrain. Aujourd'hui, point de neige malheureusement. Le paysage s'est maquillé de brume, flou artistique qui nous a plongés dans une grisaille vaporeuse au milieu des arbres dénudés.

    Difficile de retrouver les gens dans le brouhaha incessant du départ, je n'entends pas mon téléphone. J'aperçois Mika et Jo, ils attendent Clem et Olivier qui sont sur le point de les rejoindre. Cependant, à 5 minutes du coup de sifflet, je dois pisser. Pas le temps de retourner à la salle, il me faut trouver un endroit tranquille… Bien évidemment c'est mission impossible, mon plan est alors de laisser partir le peloton pour être la dernière et jouir d'une intimité sinon totale, au moins acceptable.

    J'attends le départ avec Olivier des Chtis Trailers, puis le coup de sifflet résonne. Il me souhaite bonne course pendant que je traine pour me laisser doubler par les concurrents.

    Ouf.

    Voilà une bonne chose de faite, je retrouve l'esprit libre et la vessie légère mais je dois maintenant rattraper le peloton. À ma grande surprise, ce n'est pas très difficile, je dépasse même les derniers très facilement. J'ai trouvé mon rythme, je me sens bien, c'est parti !

    Le trail des Givrés

    Après avoir traversé un petit parc, on court sur quelques centaines de mètres de bitume puis on commence l'ascension du premier terril. La pente est plutôt douce, mais longue. Lors de la reco, j'avais marché sur une partie de la montée mais aujourd'hui je tiens bon, je cours lentement mais avec assurance. Mes sorties à Kemmel portent leurs fruits ! Arrivée en haut du terril, il faut bien redescendre. Alors qu'on gravissait la butte en spirale, on nous la fait descendre en à pic. Avec la boue qui rend le chemin glissant, c'est l'occasion de tester ce que mes Baregrip ont dans le ventre ! Passage réussi, je dépasse quelques personnes mal assurées qui ne savent pas comment négocier ce passage difficile.

    L'euphorie me gagne, je me sens invincible. J'ai réussi cette première épreuve sans difficulté et je sais que le reste ne sera guère plus difficile.

    Après ce terril, nous entrons dans les bois par un sentier étroit qui serpente entre les reliefs de la forêt, et là, c'est le drame. Un long bouchon de gens nous force à nous arrêter, impossible de passer à côté. Mais que se passe-t-il ? Pourquoi personne ne court ? J'entends des cris de coureurs mécontents, ça n'avance pas… je bloque mon chrono parce qu'il y en a au moins pour 5 minutes d'attente.

    Le trail des Givrés      Le trail des Givrés

    Je comprends les causes du bouchon lorsque j'arrive au niveau du point sensible : c'est juste une grosse flaque de boue que les gens veulent éviter à tout prix ! Alors ils passent tous sur un petit bout de côté, formant ainsi une file d'attente qui gêne tout le monde. Moi, c'est pas une flaque de bouillasse qui va me faire peur, non mais ! Dès que je le peux, je fonce dans la mare, floutch floutch ! Je gagne une bonne vingtaine de places dans le peloton en avançant de la sorte, et j'entends au passage : "ça au moins, c'est courageux !"

    Alors les pauvres, si déjà cette première flaque les a effrayés, qu'est ce que ça a dû être pendant le reste du parcours ! Parce que des soupes et des mares à traverser, il y en a eu, et pas qu'un peu ! Le sol était délicieusement gras, de la boue en permanence avec des endroits où certains en perdaient leurs chaussures. Comme une gamine, je fonce dans la gadoue, plus il y en a et plus ça m'amuse ! Et pour les descentes, je découvre le bonheur d'avoir une confiance totale dans mes pompes. Aucune glissade, aucun dérapage, je peux me laisser aller sans craindre l'accident. Elles en ont dans le ventre, ces Baregrip !

    À force de jouer avec la boue, on finit crotté. Et à force de jouer avec les trous, on finit au fond. Lors d'un passage que tout le monde évitait soigneusement - une grosse flaque suivie d'une petite butte par-dessus laquelle il fallait passer - j'ai fait comme pour le reste du parcours : j'ai foncé. Or, c'était bien plus qu'une flaque : elle cachait un gros trou qui m'a engloutie jusqu'aux genoux dans sa flotte maronnasse. J'ai été complètement déséquilibrée de surprise et j'ai fini vautrée sur la butte, les mains dans la boue et les jambes dans la flotte. Pas de mal, juste mouillée et crottée. Hop, c'est reparti ! Avertissement des suiveurs qui n'auraient pas compris : attention, c'est un trou !

    La suite du parcours est très roulante, des petites montées, des descentes légères au travers de la forêt, par des sentiers toujours entourés d'arbres et de bosses. Je me ressource et j'ouvre toutes les portes de mon corps pour absorber une bonne dose de nature par les yeux, les poumons, la peau, les oreilles.

    En haut d'un chemin, mon photographe m'attend. Il s'est posté là et a pris le peloton en photo, jusqu'à mon tour. Ça monte, mais je tiens le coup. Jusqu'à maintenant je n'ai pas encore marché et je suis très fière de moi.

    Le trail des Givrés

    Tout se déroule pour le mieux. Je ne ressens aucune baisse de forme ni de motivation, je continue de patauger dans la boue, de sauter par-dessus les troncs d'arbre, de gérer tranquillement les montées, de profiter de mon accroche dans les descentes.

    En voilà une belle, de descente ! En bas, c'est le ravito.

    Le trail des Givrés

    Un peu perdue, je me demande où aller, je n'ai pas besoin de reprendre des forces. Faut monter !

    Le trail des Givrés

    Le trail des Givrés

    Je repars et là j'entends un "Hey Capsulle !" qui me coupe dans mon élan. Mes amis sont là, ils viennent d'arriver et m'ont repérée, trop bien ! Les présentations sont faites, tout le monde est content d'être là mais Clem semble fatigué. Petite séance de photos, merci mon homme !

    Le trail des Givrés

    Et on repart. Etape suivante : le second terril. Je sais à quoi m'attendre, c'est la deuxième – et dernière – grosse difficulté du parcours, du moins sur le 15K.

    Je discute un peu avec les gars. Rapidement, Olivier et moi distançons Jo et Clem. Il décide de les attendre. Moi j'hésite un peu, j'aimerais bien faire un bout de route avec eux, en même temps je me sens en forme et j'ai envie de me pousser jusqu'au maximum. Avec une petite pointe de regret, je décide de continuer comme j'ai commencé : seule.

    La fin du parcours est ponctuée de montées et descentes toutes plus amusantes les unes que les autres. Je vois certains coureurs qui commencent à fatiguer mais moi, je vais bien. Pour la dernière grosse descente, les bénévoles nous avertissent : attention, il y a des passages un peu glissants ! Génial, une autre occasion de chercher les limites de mes chaussures… Elle est bien raide, celle-là, en effet ! Je souffre plus du dénivelé que des glissades, et là encore je passe devant des coureurs qui n'ont pas la chance d'être aussi bien équipés que moi.

    Dernière ligne droite avant le bitume… Une coureuse me demande la marque de mes chaussures, je lui donne quelques précisions. Ah, c'est des chaussures minimalistes ? Oui, en effet. Et combien de temps vous a-t-il fallu pour vous y habituer ? Un an, en repartant de zéro.

    J'ai bien envie de les enlever, ces pompes, maintenant qu'on est sur route. Elles pèsent une tonne à cause de la boue qui s'y est collée.

    Hop, sitôt pensé, sitôt fait : basta les chaussures, vive les pieds légers ! J'entends rire derrière moi, un bon rire de surprise. On m'applaudit quelque part. On me dit que je suis courageuse (encore ! ça fait déjà deux fois…)

    Ce que je n'avais pas anticipé, c'est le retour au parc avec des chemins plein de cailloux. On y est, gloups… Dans l'euphorie de l'arrivée, je n'ai pas mal, rien ne peut m'empêcher d'avancer. Je cherche quand même un peu de réconfort sur l'herbe qui borde l'allée. J'y suis, c'est déjà fini. Déjà. Cette course fait désormais partie du passé, voilà ce que je pense en franchissant la ligne avec un petit pincement au cœur.

    Le trail des Givrés

    Le trail des Givrés

    Quelques mots dans le micro du monsieur (euh… c'était bien, merci), je rends ma puce et je récupère mes cadeaux : une bière et un tshirt technique Kalenji. Je n'aime pas trop cette matière avec des trous, mais le dessin est pas mal.

    Le trail des Givrés

    Je retrouve Olivier des Chtis Trailers : il a fait le 23K et est arrivé quelques minutes après moi, je suis impressionnée. J'en profite pour récupérer un autre t-shirt, celui de l'asso. On voit tout de suite la différence de qualité, là c'est un Craft technique fait d'une matière plus confortable et plus solide que celui de la course.

    Le trail des Givrés

    Mika a fait un bon chrono également, malgré sa grippe. Clem est là, aussi. Il s'est arrêté au 15. Nous attendons les autres, puis nous échangeons nos impressions.

    Jo trouve que ce parcours est plus difficile que celui du trail de Lille. Moi je ne sais pas. J'ai bien mieux géré aujourd'hui qu'à Lille, mais c'est peut-être dû à un entrainement un peu plus au point, et à des chaussures de bonne accroche. En tout cas mon chrono est meilleur, et sans l'attente du premier bouchon j'arrive à 1h48', à peu près (j'ai bêtement oublié d'arrêter mon chrono à l'arrivée).

    Le trail des Givrés

    Pour une première organisation d'un trail de la sorte, le club de Lapugnoy s'en tire très bien. La soupe était bonne, la bière en cadeau ça fait plaisir, les bénévoles sont sympas et le parcours était bien balisé. Un grand merci, je reviendrai !

    Les différents comptes-rendus :

    Olivier, Jo, Clem (à venir)

    La vidéo du départ (j'apparais à 2'11) :

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 18 Février 2013 à 15:35
    Olivier(Runmyrunner)

    Beau CR, à la hauteur de ta bonne humeur. Bravo pour ta belle perf... même avec le bouchon... c'est objectif atteint !!!

    Well done

    2
    Lundi 18 Février 2013 à 16:44

    Bravo Capsulle pour ce trail de gadoue !

    Pour le trou dans la mare, ils auraient quand même pu signaler, c'était dangereux, tu as eu de la chance de ne pas te blesser à cet endroit là.

    3
    Lundi 18 Février 2013 à 18:03
    Jo'Run

    Bravo pour ce magnifique CR sur le Trail des Givrés. En forme au premier ravitaillement, tu réalises un super chrono ! Bravo à toi et rendez-vous sur une prochaine course ;) / Merci pour les mots et les images dans ton CR ;)

    4
    Capsulle Profil de Capsulle
    Lundi 18 Février 2013 à 18:54

    Merci ! Pour le trou, j'aurais juste dû être plus prudente et faire comme tout le monde Tant pis pour moi ! En plus, pas sure qu'ils l'aient vu pendant le balisage, c'était trompeur. C'est les risques du trail, je les accepte et je les assume.

    5
    Lloc Profil de Lloc
    Mercredi 20 Février 2013 à 06:06

    Et bien voilà une belle balade comme une grande ;) . Maintenant boulot, en route pour Lyon, ça va piquer !
    Bises.

    6
    Capsulle Profil de Capsulle
    Mercredi 20 Février 2013 à 12:47

    D'abord Moulon, histoire de se faire les pattes. Pour Lyon, on verra !

    7
    Lloc Profil de Lloc
    Mercredi 20 Février 2013 à 17:56

    On verra quoi ?

     

    8
    Capsulle Profil de Capsulle
    Mercredi 20 Février 2013 à 18:53

    On verra si je tiens le choc !

    9
    Lloc Profil de Lloc
    Mercredi 20 Février 2013 à 20:55

    Ah, bé moi c'est à Moulon que cela risque d'être dur, mais je ferai mon possible.

    10
    Vendredi 22 Février 2013 à 22:11

    Bravo pour cette course, j'ai aimé lire le CR, bonne récupération et surtout bonne continuation

    11
    Samedi 23 Février 2013 à 17:05

    Quand on a des journées comme celle-là, c'est sur qu'on attend qu'une seule chose... la prochaine de ce genre.
    Bravo pour votre performance ;-)

    12
    Capsulle Profil de Capsulle
    Samedi 23 Février 2013 à 21:53

    Merci ! Mais qui donc se cache derrière les salles de gym de Toulouse ???

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