• Les Pyramides Noires

    Si j'avais connecté quelques neurones entre eux au moment d'accepter ce dossard, je me serais certainement dit qu'il n'est pas très judicieux d'enchainer 22 km et des terrils le surlendemain des 100 km de Steenwerck, que j'ai effectués en vélo/course comme accompagnatrice.
    J'en profite d'ailleurs pour féliciter Ma Bourrique, avec ses 12h50 de course et de galère, qui s'est lancé dans cette aventure sans même s'y être préparé. Bravo M'sieur Centbornard !

    Donc pour en revenir à ce dossard, j'en ai hérité assez spontanément et sans réfléchir, et j'ai réalisé trop tard que je n'avais pas vraiment envie de me lancer dans cette course, la faute à une grosse fatigue au lendemain de Steenwerck. Tant pis, j'assume. Merci Manu et remets-toi bien de tes blessures !

     

    Me voilà donc avec des courbatures aux hanches comme je n'en souhaite pas à mon pire ennemi, et la ferme intention de me balader tranquillement parce que, de toute façon, pas de barrière horaire pour cette fois. OK je porte le dossard, mais faudra pas me demander de trop courir.

    Et pourtant, c'est marrant comme le corps et l'esprit se font continuellement la guerre chez moi : lorsque le départ est donné, je suis la dernière et ça me dérange ! Le temps de chauffer la carcasse et nous arrivons au premier terril. Là, j'ai presque l'impression d'être en forme et je l'attaque en trottinant, juste pour voir si je tiens le coup, et je remonte une partie du peloton. Le haut du terril est vraiment trop raide, là je suis obligée de marcher mais tout va bien et je remonte encore des gens.

    Les relances sont idéales… Mais que se passe-t-il ? Je m'étonne toute seule d'autant de facilité. Pas question de me griller pour autant, je reste dans ma lenteur confortable, ce qui ne m'empêche pas de dépasser encore et encore… Ce petit parcours au Parc des Iles a cassé les pattes de nombreux participants peu habitués à ce genre de terrain. Je me sens moins nulle et j'en profite.

     

    Les Pyramides Noires

     

    Le tracé est plat ensuite. Agréable, plutôt vert, je m'attendais à un trail semi-urbain mais on voit surtout de l'herbe et des arbres. Je déroule encore avec une grande facilité, mais toujours à rythme confortable. J'ai trouvé ma place dans le peloton et je n'en bougerai plus vraiment.

     

    Les Pyramides Noires

     

    On passe encore deux ou trois petits terrils, je ne marche pas et je relance bien. J'encourage plusieurs personnes dont un coureur sur le 42 km qui compte sérieusement abandonner. Je l'ai vu à l'arrivée, il a donc été au bout !

    J'ai une réserve d'eau un peu juste et je dois me rationner, mais même ça je le gère bien puisque je bois la dernière gorgée en arrivant au ravito… Remplissage de gourde, un quartier de pomme dans le ventre, pas d'arrêt. J'avance.

    Et j'avance.

    La partie qui suit est assez ennuyante, un moment le long du canal puis aux abords immédiats de l'autoroute. Ça, je déteste. Et je commence à sentir la fatigue mais je ne marche pas, je cours juste un peu plus lentement.

    J'entends tout et n'importe quoi sur le parcours, certains ont parlé de 7 terrils, je ne sais pas si les tout petits comptent, et j'ignore ce qui m'attend. J'entends qu'il en reste deux gros. Mais les kilomètres passent et rien à l'horizon.

    Après l'autoroute on s'enfonce dans un bois, déjà je me sens un peu mieux, et puis surtout, les notes d'une fanfare résonnent à mes oreilles. C'est fou, mais ça me redonne le peps que les bruits de l'autoroute avaient étouffé. Je passe devant une bénévole qui me dit qu'il faut monter tout en haut du terril, redescendre, et c'est fini.

    "Ah c'est tout ?" Je suis presque déçue.

    Je trottine en spirale, jusqu'à la dernière partie bien raide que là, il faut marcher. Je redescends, et effectivement c'est fini.

     

    Alors, pourquoi tant de facilité aujourd'hui, alors que je n'ai pas récupéré et que je me sens très fatiguée ?

    - Le phénomène de surcompensation ? (j'en sais rien, je ressors un mot que j'ai lu une fois quelque part mais après, je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire…)

    - Le fait de ne pas être la dernière ? Quand je suis dernière, je n'ai plus rien à perdre alors que là, il y avait le "risque" de me faire redépasser…

    - Le fait de m'attendre à une vraie galère à cause de mes courbatures, et comme je ne les ai pas senties ça m'a semblé facile ?

    - Les 100 bornes de Ma Bourrique, illustration d'un mental à toute épreuve ?

    Je n'ai pas la réponse mais ce qui est certain, c'est que j'ai eu beaucoup de plaisir sur cette épreuve, et que je ne veux plus faire de course avec barrière horaire. On n'est vraiment pas dans le même état d'esprit…

     

    Quelques mots sur la course et l'organisation : les puristes n'apprécieront pas le parcours plat et roulant, avec des portions aménagées (bitume, gravillons ou autre) et quelques passages sur route. Personnellement, je savais vaguement à quoi m'attendre, j'ai été un peu déçue de ne pas gravir plus de terrils hauts mais j'ai trouvé le tracé très verdoyant et agréable, parfois un peu sauvage, malgré le fait qu'il soit en zone essentiellement urbaine. On ne s'en rend même pas compte.
    Des améliorations sur le balisage pourraient être envisagées : marquages au sol plus visibles, intersections mieux signalées.

    Le départ du 22 était un peu tristounet mais je ne sais pas ce qu'il en était sur les autres formats.

    J'ai apprécié de voir du saucisson au ravitaillement, même si je n'en ai pas mangé cette fois-ci. J'ai eu quelques échos du 42 km, un ravitaillement intermédiaire serait souhaité entre le km 11 et le km 34.

    À l'arrivée : des bons massages, une bière et un ticket repas au choix, j'ai opté pour le riz aux petits légumes et poulet sauce curry, un régal, mais il y avait aussi friterie classique ou mexicain. Le salon de plein air avec des banquettes confortables, excellente idée très appréciable ! Et une salle de concert, parking à proximité, que du bon. Petit bémol : la queue au bar, il serait bon de mettre des personnes supplémentaires pour la prochaine édition.

     

    Les Pyramides Noires

     

    Cette première édition est très prometteuse. Cet évènement pourrait devenir incontournable car il mixe avec brio terrils et parcours nature, sans pour autant effrayer les habitués du bitume. De quoi satisfaire un bon nombre de coureurs !

     

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  • Commentaires

    1
    Lloc
    Dimanche 1er Juin à 00:25

    juste ça :)

     

    2
    Marathman
    Dimanche 1er Juin à 06:48
    Marathman
    Bravo Caps!
    Avec la Bourique, vous faites la paire!
    N'oublie jamais, c'est la tête qui commande, le corps ne fait que suivre ...
    Biz,
    Fabien.
    3
    Dimanche 1er Juin à 16:20

    À quelques exceptions près... Là en l'occurrence l'esprit disait "vas-y mollo", mais le corps m'a entrainée presque malgré moi. Je me suis juste laissé porter. J'aurais bien eu besoin de me trouver dans cet état lors de ma course précédente !

    Biz nordiques à vous :)

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