• Orthographe : c'est rectifié !

    Certains d'entre vous ont pu penser que je ne savais pas écrire correctement en voyant à de nombreuses reprises le mot entrainement sans son accent circonflexe. Je comprends parfaitement cette réaction à la vue de ce qui est encore considéré comme une erreur orthographique, mais c'est un choix tout à fait assumé que d'appliquer l'orthographe rectifiée depuis 1990 (déjà !) dans mes articles.

    Dans les faits, la nouvelle orthographe est recommandée, c'est-à dire non obligatoire pour l'ensemble de la population francophone. Cependant, les enseignants sont désormais tenus de l'intégrer dans leur enseignement (programmes de 2008), qu'ils soient d'accord ou pas avec les nouvelles règles (encore faudrait-il qu'ils les connaissent ! Mais ça c'est un autre débat…).

    Cela est indiscutable. Je ne discuterai donc pas ce point ici.

    Par contre, les échanges deviennent parfois houleux entre les "pros" et les "antis" qui ont le choix, eux. Comme vous l'avez constaté, je fais partie des "pros", loin d'être une fanatique car je respecte les convictions d'autrui, mais pour le moins convaincue de l'utilité de ces rectifications.

    Mais qu'apporte donc cette réforme?

    Certaines règles sont simplifiées et beaucoup d'exceptions sont régularisées. Le but ici n'étant pas de faire un compte rendu de tout ce qui a été modifié (vous en trouverez le détail dans ces pages) mais d'expliquer mon choix, je ne prendrai que les quelques exemples qui influencent le plus mon écriture.

    L'une des mesures les plus visibles est la disparition de l'accent circonflexe du i et du u, sauf dans les cas où cet accent sert à différencier deux mots grammaticalement différents (du/dû, sur/sûr…), et dans certaines formes conjuguées.

    À quoi pouvait bien servir cet accent ? À rien, ou plus grand-chose aujourd'hui.

    D'où venait-il ? C'était un reliquat de vieux français. Et c'est là que le bât blesse, certaines personnes sont si attachées aux racines de notre langue qu'elles n'en acceptent pas l'évolution. Je donnerai mon avis sur ce point plus bas dans cet article.

    Une autre règle à laquelle j'adhère totalement concerne l'écriture des numéraux composés. Ils sont désormais toujours reliés par des traits d'union. Je ne sais pas pourquoi il avait été décidé d'en mettre ici et pas là, mais maintenant c'est simple : il y en a partout. Cette mesure a non seulement l'avantage de simplifier l'écriture des nombres sans nuire à la qualité de la langue française, mais aussi de distinguer clairement les nuances du style : vingt-et-un tiers (21/3) ≠ vingt et un tiers (20 et 1/3).

    Je ne ferai pas l'énumération de toutes les autres règles, je ne les connais pas encore toutes par cœur et c'est quelque peu laborieux de désapprendre sans but précis. Par contre, quand j'en ai besoin, je consulte le texte de référence qui est toujours dans un coin de mon ordinateur ou quelque part à portée de main.

    Pourquoi choisir cette nouvelle orthographe alors que rien ne m'y oblige?

    D'abord, c'est le choix de facilité. J'aime les choses simples.

    Ensuite, je considère la langue en priorité dans sa fonction de communication. Et ces règles ne nuisent pas à cette fonction, au contraire.

    La langue peut aussi être art, certes. Et c'est ici que la controverse apparait, au nom de la défense du patrimoine culturel français.

    Ce patrimoine ne va pas disparaitre puisque les œuvres écrites avec l'ancienne orthographe vont perdurer comme témoins de l'évolution de notre langue. De même qu'aujourd'hui, les œuvres écrites en vieux français sont conservées, reconnues et réécrites pour en faciliter la lecture, et qu'elles sont précieuses en tant que vestiges d'une époque révolue.

    Je suis de ceux qui prennent le langage pour ce qu'il est et non pour ce qu'il devrait être. C'est beau d'avoir des idéaux, mais il faut se rendre à l'évidence : une langue évolue de manière incontrôlable, elle est le résultat d'une société donnée à un moment donné, on peut l'étudier, l'analyser, mais elle se nourrit de l'usage qui en est fait. Il est donc absolument nécessaire d'en ajuster les règles régulièrement pour qu'elle corresponde au mieux à la société qui l'utilise.

    Cela ne veut pas dire qu'on crétinise les générations futures. Voilà l'argument favori des puristes en la matière et pourtant, la langue française, avec ou sans accent circonflexe, continue d'avoir une syntaxe rigoureuse, un vocabulaire riche et de multiples nuances, qui évoluent en même temps que la civilisation dont elle est l'instrument.

    Une langue meurt lorsqu'elle cesse d'évoluer. Réjouissons-nous donc que la nôtre soit aussi vivante, partageons-la généreusement, et usons de ses richesses afin de ne pas les perdre.

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  • Commentaires

    1
    Lundi 29 Octobre 2012 à 11:33
    julien D

    bye bye petit châpeau...

    je t'aimais bien ;)

    2
    Capsulle Profil de Capsulle
    Lundi 29 Octobre 2012 à 12:05

    Pas de panique, les deux orthographes sont valablesjusqu'à ce que les générations futures aient bien intégré ces modifications. Cela dit, vu la réticence des profs pour se mettre à les enseigner, c'est pas demain la veille... Ah la la, l'éternel immobilisme de l'éducation nationale et de ses sbires...

    3
    Lloc Profil de Lloc
    Lundi 19 Novembre 2012 à 20:57

    Bordel!

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