• Trail de la faïence, dur dur !

    Ce matin du 21 avril 2013, je suis partie confiante dans ma capacité à encaisser un 20 km sans trop souffrir. Je n'avais jusqu'alors couru cette distance qu'une seule fois, avec quelques dénivelés, et je l'avais supportée plutôt convenablement.

    En arrivant au village de Desvres après 1h30 de route, nous avons pu nous garer sans problème, je n'ai pas fait la queue au retrait des dossards, j'ai retiré mon cadeau souvenir rapidement (un bonnet bleu) et j'ai attendu le départ. Autour de moi, pas mal de coureurs avec la tête de ceux qui veulent en découdre, poche à eau, gels et tout le toutim.

    Moi, question matos je teste pour la première fois une ceinture porte dossard qui m'évitera de faire des trous dans mes vestes, c'est le but. Sinon, j'ai uniquement mon bidon, j'aime courir en toute légèreté et je sais qu'il y a deux ravitaillements sur le parcours.

    Comme d'habitude, entre le brouhaha du départ et la sono qui applatit la moitié des mots du speaker, je n'ai rien compris à son discours. Pas grave il n'y a qu'à suivre les autres, en général les intersections sont surveillées par les bénévoles et les balises sont faciles à suivre. Je me range sagement en fin de peloton, et voici le départ.

     

    Comme à l'accoutumée, je ne me suis pas échauffée. Je préfère inclure l'échauffement dans le temps de course afin de partir tranquillement et de faire monter la sauce progressivement. Cependant, aujourd'hui le niveau est assez élevé et même sans trop trainer je suis bonne dernière et je me sens obligée de pousser un peu pour rester aux abords immédiats du peloton.

     

    Trail de la faïence, dur dur !

     

    Très rapidement, un bouchon se forme à cause d'une petite montée. Je commence à avoir l'habitude, ces ralentissements à la moindre première difficulté sont toujours le lot des derniers. Là, c'est une montée entre quelques arbres qui freine le peloton, montée que nous descendrons dans l'autre sens au retour…

     

    Trail de la faïence, dur dur !

     

    En haut, c'est un beau paysage qui s'offre à nos yeux, sous un soleil radieux. Quel bonheur ! C'est un peu dur mais je me dis que ça ira mieux dans un ou deux kilomètres.

     

    Trail de la faïence, dur dur !

     

    Je repère une fille qui est seule et qui avance tranquillement, comme moi. La conversation s'engage : elle porte le même prénom que moi, elle est venue avec ses potes mais eux, c'est des durs qui sont sur le 30km en mode "sortie loisir", alors qu'elle tente un 20km pour la première fois. Nous décidons rapidement de faire la course à deux car on a le même objectif : simplement finir la course.

    Elle ne court que depuis le mois de septembre mais elle assure déjà bien, je me sens un peu obligée de donner le meilleur de moi-même pour faire bonne figure. Au début c'est facile : elle est moins à l'aise que moi sur les sentiers forestiers que nous traversons. Moi j'aime beaucoup ! J'arrive rapidement à mon état de forme optimum, les jambes en demandent et c'est pas quelques montées bien raides mais somme toute assez courtes qui vont entamer mon enthousiasme. Je m'autorise même quelques pointes pour prendre un peu d'avance afin d'immortaliser le parcours…

     

    Trail de la faïence, dur dur !

    Trail de la faïence, dur dur !

     

    Malheureusement, j'aurais dû m'économiser un peu plus car vers le 8è km, les choses se compliquent. Nous voilà en bas d'une montée qui a l'air de pentoyer doucement. Au moment où je commence sérieusement à la sentir dans les pattes, je découvre que ce n'est que le début… elle devient de plus en plus raide, on n'en voit pas le bout et les caillasses n'arrangent pas mon affaire ! Ce fut le début de la fin… même en marchant mes cuissots hurlent et je ne récupèrerai jamais de ce passage difficile.

    Pause photo, surtout parce qu'il me faut une pause ! Je laisse passer mes suivants, ma partenaire est déjà en haut.

     

    Trail de la faïence, dur dur !

    Trail de la faïence, dur dur !

     

    Tant bien que mal, plutôt mal que bien d'ailleurs, j'arrive en haut. La suite du parcours en légère descente ne parvient pas à me soulager et j'entre déjà dans le dur. J'attends le ravito en espérant qu'il me permettra de repartir dans de meilleures conditions, il est à peu près au douzième kilomètre. Les apparences d'abord, je fais comme si tout allait bien et nous continuons notre bout de chemin en papotant un peu, mais pas trop. Puis voilà le ravito ! Oh bonheur, d'habitude je ne m'y attarde pas mais là, je n'ai vraiment pas envie de repartir. Alors je mange, du chocolat, des madeleines, des oranges, je bois du coca, je ne peux plus m'arrêter. Je vois que ma copine s'impatiente alors… il faut bien y aller.

    Oh malheur, on enchaine directement sur une autre côte bien raide puis sur plus de deux kilomètres ce sera du faux plat montant. Ce fut le pire moment de la course, ce chemin à travers champs : sans intérêt, on n'en voyait pas la fin, d'un ennui mortel et en plus en légère montée… j'avais mal à tous les muscles de mes jambes et il n'y avait absolument rien pour me distraire, même pas un arbre ! Et en plus, on a commencé à se faire dépasser par les gars du 30, ce qui fiche un coup supplémentaire au moral… Il faut que je marche, même si ce n'est que 10 ou 20 secondes par-ci, par là.

    Une descente de malade, un deuxième ravito et c'est reparti pour une autre longue montée où là, je n'y arrive vraiment plus.

     

    Trail de la faïence, dur dur !

     

    C'est la fin mais elle est interminable, le pire c'est les organisateurs ou les badauds qui nous demandent "Vous êtes sur le 30 ?" Hem, non…

    Ou alors "Plus qu'un kilomètre" alors qu'on a déjà dépassé le vingtième… même les 200 derniers mètres, je ne suis pas certaine de les finir. Mais quand même, tout a une fin et nous y voilà, à l'arrivée. J'ai encore mangé plein de choses et j'ai perdu de vue ma partenaire, on n'a même pas échangé nos adresses. Je ne pourrai pas lui envoyer les photos que mon homme a prises.

     

    Trail de la faïence, dur dur !

     

    Et maintenant, place aux massages !

    Trail de la faïence, dur dur !

     

    Après coup, je prends conscience de l'évolution de mon corps au fil de mes différentes courses ou entrainements. Alors qu'après mon premier 20 km j'avais les articulations en vrac mais les muscles OK, là c'est le contraire. Je me sens plus solide au niveau des hanches/genoux/chevilles, mais par contre je redécouvre ce que ça fait d'avoir mal aux muscles. Mes cuisses étaient les grandes oubliées de cette dernière année, les voilà qui revivent !

     

    Trail de la faïence, dur dur !

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 26 Avril 2013 à 21:59

    Bravo pour cette course et en plus tu as fais une belle rencontre

    2
    Lloc Profil de Lloc
    Lundi 6 Mai 2013 à 06:42
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